Belgique : Comité de bioéthique d'accord avec l'eugénisme négatif privé

Publié le par brochier

« Son avis est plus nuancé sur les modifications génétiques des cellules germinales.

 

Les membres du Comité consultatif de bioéthique ont émis un avis favorable quant à la pratique de « l'eugénisme négatif privé», qui permet de sélectionner des embryons ou foetus en vue de détecter des anomalies génétiques et d'éviter de mettre au monde un enfant porteur d'une affection génétique à l'origine d'un handicap physique ou mental. Le Comité donne ainsi son approbation à une série de techniques existantes: amniocentèse, échographie ou diagnostic génétique préimplantoire (DGPI) à propos duquel le Comité rendra d'initiative un avis plus détaillé.

 

Pour mémoire, le DGPI n'est pas encadré juridiquement. Seule la loi relative à la recherche sur les embryons interdit le DGPI à des fins de sélection sexuelle, sauf en cas de nécessité médicale. Le Comité belge de bioéthique devrait prochainement se pencher sur la question lors de l'examen de la thérapie génique germinale puisque cette dernière suppose une sélection de l'embryon sur base de ses caractéristiques. Il souligne cependant que la discussion sur la détermination de ce qu'est une malformation grave continue. En recourant à une modification génique, encore purement hypothétique à l'heure actuelle, il serait possible de tendre vers le même objectif ou encore d'essayer de donner naissance à un enfant «amélioré».

 

Cellules germinales

 

Sur le plan éthique, l'avis est donc plus nuancé concernant les modifications génétiques des cellules germinales (qui transmettent les caractères héréditaires). Sans être fondamentalement opposés aux recherches scientifiques, les membres du Comité restent divisés. Si certains sont opposés à une interdiction a priori, prônant la décision au cas par cas, le jour où les techniques seront au point, d'autres posent un certain nombre de questions (qui a le droit de définir ce qu'est une «personne normale» ou ce qu'est un «gène amélioré»?) et rappellent le contexte d'incertitude scientifique. Une troisième catégorie est d'avis que les modifications génétiques à l'étude ne constituent pas une priorité, ni pour la recherche appliquée, ni pour la médecine, ni pour une législation spécifique. Cette troisième catégorie souligne cependant que la recherche fondamentale doit poursuivre ses investigations.

 

Cet avis est le dernier d'une série répondant à des questions du Sénat en matière de recherche sur les embryons. Les travaux du Sénat sur cette matière ont débouché en 2003 sur une loi autorisant cette recherche dans certaines circonstances. Elle interdit d'accomplir des traitements à caractère eugénique. En ce sens, le législateur belge, qui établit une distinction entre une modification génique qui a pour but d'améliorer le genre humain et celle qui vise à éradiquer des maladies génétiques, s'oppose à la convention du Conseil de l'Europe qui interdit toute recherche dans le domaine des modifications géniques sur des cellules germinales. » (D'après Belga) www.lalibre.be 20060218

Quality of Life - Bruxelles - Février 2006

 

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