Belgique : l'infirmière acquittée, le débat relancé

Publié le par brochier

« Els Op de Weerdt avait «aidé» sa tante à mourir. La justice l'absout. Des suites?

Emotion à Anvers où, à l'issue d'une délibération de 50 minutes, le jury de la cour d'assises a acquitté Els Op de Weerdt, une infirmière de 37 ans, originaire de Duffel. Le verdict a été rendu sous les applaudissements. Mme Op de Weerdt était accusée d'avoir empoisonné sa tante, Angèle Hoefkens, 71 ans, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2000. L'infirmière a toujours avancé qu'elle avait voulu abréger les souffrances de sa tante en phase terminale. Elle avait, pour ce faire, accéléré le débit de la pompe à morphine et administré une injection de chlorure de potassium.

 

L'infirmière a réagi à son acquittement avec soulagement tout en précisant qu'elle ne savait pas si elle pourrait exercer son métier.

 

Le procès pourrait avoir des prolongements sur le plan politique. Il s'est, en tout cas, terminé par des déclarations qui ne sont pas passées inaperçues. Le président de la cour, Stephaan Bergs, a commencé par indiquer qu'il s'agissait du verdict «d'un jury déterminé dans une affaire déterminée» et qu'il n'était pas question de l'étendre à tous les cas d'euthanasie en général. «J'estime toutefois», a-t-il ajouté «que la législation doit être encore affinée afin de diminuer le risque de voir naître nombre de procès similaires à l'avenir».

 

Le président de la commission fédérale euthanasie, par ailleurs professeur aux soins palliatifs de la VUB (Vrije Universiteit Brussel), Wim Distelmans, qui a été entendu au cours du procès, saluait l'acquittement de Mme Op de Weerdt. «La justice a été rendue au sens littéral du terme», a-t-il dit. «J'ai toujours été convaincu qu'il s'agissait là d'un acte de charité.»

 

Il n'en a pas moins désapprouvé la manière dont l'infirmière a abrégé les souffrances de sa tante. Le professeur a plaidé pour la mise en place d'une deuxième commission interdisciplinaire, composée de médecins, de spécialistes en éthique et de juristes, parallèlement à la commission euthanasie. Ses membres seraient, propose-t-il, chargés de juger des problèmes de ce genre. «Il n'est pas possible d'édicter une loi pour décider s'il s'agit de vie ou de mort. Mais une commission pourrait traiter chaque dossier au cas par cas», a-t-il expliqué. Une proposition qui devrait entraîner des réactions.

 

Avant que le jury entre en délibération, l'accusée lui avait demandé de l'acquitter et de lui permettre de retourner auprès de ses enfants, «déjà pénalisés depuis six ans par cette affaire».

 

Le ministère public s'était dit convaincu de la culpabilité de l'infirmière, considérant qu'elle savait ce qu'elle faisait et que son geste ne pouvait être considéré comme charitable. «La société ne peut accepter qu'une infirmière, de sa propre initiative, mette fin à la vie d'un patient. Cela ouvrirait la porte aux abus», a-t-il scandé, estimant toutefois que Mme Op de Weerdt ne devait pas être renvoyée en prison.

 

La défense, elle, s'est appuyée sur les déclarations du professeur Wim Distelmans ainsi que sur les conditions de travail ayant précédé l'incident pour plaider l'acquittement. » www.lalibre.be 20060214

Quality of Life - Bruxelles - Février 2006

 

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