Suisse : cotisations réduites à lAssurance Maladie pour ceux qui renoncent à lavortement, aux diagnostics prénataux et aux drogues.
Décidément, les caisses maladie ne reculent devant rien pour attirer de nouveaux clients. Comme l'a révélé le magazine Bon à Savoir de mars, Concordia, CPT, Intras et Provita proposent des rabais de 10 à 40% sur les assurances complémentaires.
Les seuls examens admis sont les ultrasons. Les femmes enceintes qui renoncent aux autres diagnostics prénataux, comme l’amniocentèse peuvent bénéficier de baisses de primes des complémentaires allant jusqu’à 40%.
En bénéficient les clients qui acceptent de signer une déclaration dans laquelle ils s'engagent à renoncer à l'avortement (sauf s'il s'agit de sauver la mère), aux diagnostics prénataux tels que l'amniocentèse ou la ponction des villosités choriales (l'échographie est en revanche tolérée) et à la fécondation in vitro. Les signataires s'engagent aussi à renoncer aux drogues et aux cures de désintoxication utilisant des produits de substitution tels que la méthadone. Les femmes ne sont pas seules concernées: tout un chacun, indépendamment de l'âge et du sexe, peut signer et profiter des avantages.
Prime de 500 francs pour la naissance d'un bébé.
La déclaration remplie ne doit pas être envoyée aux caisses maladie en question, mais à l'Aide suisse pour la mère et l'enfant (ASME), qui a conclu avec elles des contrats collectifs. En sus, l'ASME verse une prime de naissance de 500 francs pour chaque nouveau-né assuré par son intermédiaire. Les parents sont par ailleurs invités à laisser les adolescents dès 13 ans signer le texte. Ces contrats collectifs sont réservés aux membres et donateurs de l'ASME. Mais «même les personnes qui font seulement un don de 20 francs y ont droit», précise Dominik Müggler, directeur de la fondation ASME. «Depuis que nous avons lancé cela en 2004, des milliers de personnes ont signé. D'après les caisses maladie, nos sympathisants leur occasionnent moins de frais.»
Selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), il n'y a rien d'illégal là-dedans: ces rabais ne concernent pas l'assurance de base obligatoire, mais les complémentaires. En outre, la loi stipule qu'on peut renoncer par écrit à des prestations dues. (…)
Les caisses maladie y trouvent leur compte. «Cette déclaration se fait entre l'ASME et l'assuré, nous ne vérifions rien», explique Enrico Giovanoli, délégué du conseil d'administration de Provita. Source : Edipresse Publications SA et le CPDH