Oui, le DPI mène directement à l’eugénisme.

Publié le par brochier

Le Monde publie un entretien avec Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer, qui « revient sur la décision prise par les responsables des centres de diagnostic prénatal de Strasbourg et de Montpellier d'étendre la technique du diagnostic pré-implantatoire pour identifier la simple prédisposition génétique d'embryons à certaines affections cancéreuses ».

Dominique Maraninchi déclare que « l'éclairage sur ces pratiques revient à l'Agence de la biomédecine. Mais nous ne pourrons rester indéfiniment cois ».

Le président de l’Inca indique ainsi que « nous avons décidé de mettre en place une expertise globale sous l'autorité de Dominique Stoppa-Lyonnet (Institut Curie) ».

« Nous étudierons chaque cancer, chaque gène, pour répondre aux questions soulevées par cette pratique et dire si cette dernière est bénéfique ou discutable. Nous verrons si une modification des pratiques est nécessaire », poursuit Dominique Maraninchi.

Le professeur de cancérologie ajoute que « le rôle de la médecine et des praticiens est de transférer à la pratique les progrès continus de la science qui peuvent correspondre, ou non, à une demande sociale. Et on ne peut pas traiter du DPI en cancérologie sans exposer ce qui est fait en France en matière de génétique et de prédisposition aux cancers ».

Dominique Maraninchi note par ailleurs qu’en ce qui concerne le diagnostic anténatal, « le transfert de l'innovation à la pratique ne doit se faire que dans une perspective éthique et encadrée ».

Le président de l’Inca déclare que « la pratique du diagnostic anténatal a de facto ouvert le champ de la sélection des enfants à naître porteurs d'affections d'une particulière gravité et incurables au moment du diagnostic. Force est de reconnaître que les accusations théoriques d'eugénisme ne sont donc pas totalement sans fondement ».

« Dans le même temps, et dans un cadre législatif et réglementaire parfaitement défini, il est de la liberté des futurs parents de préférer ne pas avoir un enfant souffrant d'une maladie d'une particulière gravité », continue Dominique Maraninchi. www.genethique.org

 

Quality of Life- Bruxelles - Novembre 2006

 

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