Belgique : 742 déclarations deuthanasie pour la période 2004-2005.
Quatre ans après l'entrée en vigueur en Belgique de la loi autorisant l'euthanasie sous certaines conditions, le nombre d'euthanasies déclarées continue à progresser, selon un rapport d'une commission d'évaluation dévoilé aujourd'hui par l'hebdomadaire Le Généraliste.
Le nombre d'euthanasies pratiquées en Belgique et déclarées par les médecins est passé de 17 par mois en 2002, année d'entrée en vigueur de la loi, à 31 par mois durant la période 2004-2005 et à 37 par mois pour le début de l'année 2006.
Globalement, les Belges restent peu nombreux, 0,36%, à mourir de cette manière, selon le rapport de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie. Pour les années 2004 et 2005, il y a eu au total 742 déclarations d'euthanasie, dont 86% en Flandre (nord) et 14% en Wallonie (sud). Parmi celles-ci, 54% concernaient des hommes et 46% des femmes.
La classe des 60-79 ans est la plus représentée, avec 49% des cas. Seules 2% des euthanasies s'appuyaient sur des "déclarations anticipées", qui permettent aux médecins de pratiquer une euthanasie sur une personne inconsciente à condition que celle-ci en ait exprimé auparavant la volonté.
Les pathologies ayant donné lieu à une demande d'euthanasie sont toutes des pathologies sévères et incurables, souligne le rapport. Il s'agissait principalement de cancers (83%). Neuf cas concernaient des maladies neuropsychiatriques, dont la maladie d'Alzheimer. 54% des euthanasies ont eu lieu à l'hôpital et 39% au domicile du patient.
Le président de la Commission d'évaluation, le professeur Wim Distelmans, que ces chiffres ne portent que sur les euthanasies déclarées, certains médecins ne les déclarant probablement pas.
La loi belge relative à l'euthanasie de septembre 2002 assure la protection juridique du médecin qui pratique une euthanasie à la demande de son patient, dès lors que certaines conditions de fond et de procédure ont été respectées. Selon cette loi, le patient doit être "capable et conscient", formuler sa demande de façon "volontaire, réfléchie et répétée" et être libre de toute contrainte. Il doit en outre se trouver "dans une situation médicale sans issue et faire état d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable". www.lalibre.be