Cellules souches du sang de cordon ombilical : sortir du dilemme éthique et clinique
(…) Il reste cependant à convaincre les gouvernements d’investir dans les banques publiques de sang placentaire afin d’augmenter le nombre d’unités cryopréservées, mutualiser les ressources biologiques à l’échelle mondiale et finalement, remédier progressivement à la pénurie chronique des banques d’organes. Aujourd’hui, il existe (en France)170,000 unités de sang de cordon dans les 37 banques publiques pour couvrir les besoins de 6 milliards d’individus. Le Congrès américain a voté en 2004 un budget de $150 millions pour doter ses banques publiques de 150,000 unités en 5 ans, soit l’équivalent du nombre total d’unités de cordon dans le monde. L’objectif visé consisterait à remplacer progressivement les banques de moelle par des banques de sang de cordon. En effet, outre leur efficacité comparables pour les greffes hématologiques chez l’enfant et chez l’adulte (N. Eng. J. Med. 2004, 351 ; 22), la banque de sang de cordon offre des avantages inégalés comparés aux registres de moelle, car les greffons sont immédiatement disponibles, recueillis sans risque et conservables près de 20 ans. Les banques de sang de cordon portent d’importantes promesses d’applications cliniques (cardiaques, hépatiques, osseuses, vasculaires, neuronales) dépassant largement les usages de la greffe de moelle. A l’instar des Etats-Unis, le Japon et l’Australie ont également choisi de privilégier leurs banques de sang de cordon plutôt que d’investir dans le recrutement de nouveaux donneurs de moelle. Paradoxalement, la France a récemment décidé d’adopter la politique inverse en élargissant le registre des donneurs de moelle de 100,000 unités d’ici 2015, tout en plafonnant le nombre de cordons à 5,000 unités pour 60 millions de français. Pionnière en 1988, la France occupe désormais le 14ème rang mondial en nombre d’unités de sang placentaire par habitant. Dossier Généthique. 200412 www.genethique.org