Belgique : première unité de soins palliatifs des hôpitaux publics bruxellois.
«Aider les patients à mourir dans la dignité» Papyrus, c'est le nom de la toute nouvelle unité de soins continus et palliatifs, ouverte depuis le 31 janvier au CHU Brugmann, à Bruxelles. Elle accueille les patients atteints de maladies incurables qui évoluent, à plus ou moins brève échéance, vers la fin de leur vie. «C'est avant tout un lieu de vie. Il ne s'agit en aucun cas d'un mouroir», explique Annie Drowart, responsable de la nouvelle unité. Soucieuse de ramener les soins palliatifs au centre des préoccupations du personnel hospitalier, la jeune médecin a convaincu Daniel Désir, directeur général de l'hôpital, de construire l'unité au centre du CHU, entre les bâtiments de médecine et de psychiatrie. Après deux ans de gestation, le projet s'est enfin concrétisé. Le CHU Brugmann devient ainsi le premier hôpital du réseau public à disposer de son unité de soins palliatifs. «Les soins continus et palliatifs doivent devenir une activité fondamentale de l'hôpital», a confirmé Daniel Désir. Accueil des familles Le nouveau bâtiment comprend huit chambres, équipées chacune d'une salle de douche. Actuellement, six d'entre elles sont déjà occupées. L'unité dispose aussi d'une cuisine et d'un salon pour accueillir les familles des malades. «Cela permet aux patients qui ne pourront plus retourner chez eux de recréer un semblant d'ambiance familiale», explique Annie Drowart. L'unité reste ouverte 24h/24 et une équipe de douze bénévoles, accompagnée de médecins, psychologues, kinésithérapeutes, infirmières se relaient pour rendre «plus supportable» la fin de vie de ces personnes. Déjà, de nouveaux projets se bousculent, comme celui de mettre en place un espace d'accueil pour les enfants et petits-enfants de patients, ouvert le mercredi après- midi et éventuellement le week-end. Pour Jean-Paul Van Vooren, président de la plate-forme bruxelloise des soins palliatifs, «une grande démarche a, ici, été accomplie. Cependant, huit lits, c'est bien mais c'est une solution pour quelques patients et c'est encore trop peu au regard du nombre de personnes qui décèdent. Par ailleurs, poursuit-il, tout le monde doit pouvoir bénéficier d'une telle approche de soins palliatifs sans devoir nécessairement mourir dans les trois mois qui suivent». Limiter la souffrance La question des soins palliatifs pour accompagner les malades en fin de vie est devenue une véritable question d'actualité, tout comme l'euthanasie. «Notre attitude face à la mort a évolué, explique Claude Javeau, professeur de sociologie à l'université libre de Bruxelles et «sociologue de service» au CHU Brugmann. Pendant longtemps on a cru que la souffrance était rédemptrice, qu'il fallait mériter son paradis. C'est faux. La souffrance ce n'est pas bien. Accompagner les personnes en fin de vie, en limitant leurs douleurs et leur désarroi psychologique, c'est aider ces personnes à mourir dignement.» www.lalibre.be 20050316