Belgique : surmonter le cancer, puis donner la vie

Publié le par brochier

« Il n'y a pas si longtemps, la maladie impliquait souvent de renoncer à son désir d'enfant.

A présent, des solutions sont envisageables.

Avec des chances de succès variables selon l'âge, le traitement et le type de cancer.

En venant au monde, il y a un an, Tamara a d'abord comblé de joie ses parents, bien naturellement. Elle a certainement aussi fait la fierté du Pr Jacques Donnez et de son service de gynécologie et d'andrologie de l'UCL, à l'origine de ce «miracle». Mais la fillette a aussi redonné espoir à toutes ces femmes qui - comme sa maman -, victimes d'un cancer, ont dû subir une chimio et une radiothérapie.

«Beaucoup de femmes atteintes d'un cancer sont encore jeunes, fertiles et rêvent d'avoir un enfant. Or, selon l'âge, le type de cancer et le stade d'avancement, et le traitement, la fertilité sera atteinte à des degrés divers», expliquait récemment le Dr Séverine Legros, gynécologue à l'Hôpital Saint-Vincent à Rocourt, lors d'un séminaire organisé à Istanbul, par la société Organon (Ndlr : producteur de la plule contraceptive, qui peut se révéler êter cancérigène), dans le cadre du congrès de la Société européenne d'oncologie gynécologique.

Suite au traitement

La perte de fertilité est souvent causée par le traitement. Une intervention chirurgicale peut nécessiter l'ablation d'un ou de plusieurs organes reproducteurs; une longue chimiothérapie et/ou une radiothérapie étendue peuvent également causer une infertilité. Cela dit, s'il y a quelques années encore, le traitement d'un cancer provoquait la plupart du temps une perte définitive de la fertilité, des progrès considérables ont été réalisés ces derniers temps, que ce soit en agissant avant, pendant ou après le traitement.

Plusieurs pistes peuvent effectivement être envisagées avant le traitement. C'est le cas de la première mondiale réalisée aux Cliniques universitaires Saint-Luc, qui a donné naissance à Tamara, en septembre 2004. Il s'agit d'une greffe après prélèvement du tissu ovarien cryopréservé. Une fois le diagnostic de cancer posé, le principe de cette technique consiste à préserver le tissu ovarien sain avant le début du traitement anti-cancéreux. Conservé à très basse température (-196°C), le tissu ovarien sera décongelé, après guérison de la patiente, et réimplanté, dans l'espoir d'une restauration spontanée de la fonction ovarienne. «Si cela s'avère possible, le tissu sera regreffé dans l'abdomen, espérant pouvoir ainsi récupérer des chances de conception naturelle», explique encore le Dr Séverine Legros, qui évoque également une alternative consistant à greffer le tissu ovarien dans l'avant-bras. «On procède alors à une stimulation hormonale des ovaires et au recueil des ovules produits en réponse à ce traitement. La fécondation aura lieu in vitro et on pourra transférer l'embryon au sein de l'utérus de sa maman comme lors d'une FIV classique».

Facile techniquement mais plus difficile éthiquement et moralement, la FIV préalable au traitement est une autre option, après une intervention chirurgicale de retrait des ovaires ou une chimiothérapie agressive. Il s'agit de congeler des embryons au moyen d'une FIV pour les congeler et ensuite les réimplanter, après guérison de la patiente.

Enfin, toujours avant le traitement, une troisième possibilité est la transposition des ovaires. En cas de traitement par radiothérapie seule sur le bas de l'abdomen, on peut déplacer chirurgicalement les ovaires, et ainsi les sortir de la zone irradiée pour les protéger. Après guérison, on procédera alors à une FIV classique.

Deux possibilités pourront être envisagées après le traitement: le don d'ovules et la mère porteuse.

En ce qui concerne la première solution, l'ovule d'une donneuse sera fécondé avec les spermatozoïdes du conjoint de la receveuse, ménopausée suite au traitement anti-cancéreux, qui se verra implanter l'embryon. Ce traitement ne pourra évidemment être envisagé que si l'utérus n'a pas dû être enlevé et qu'il est encore en état de mener une grossesse à terme.

Réservée aux femmes qui, elles, n'ont plus d'utérus, mais dont les ovaires sont toujours fonctionnels et capables de produire des ovules, la solution de la mère porteuse peut également être envisagée. » www.lalibre.be 20051019

Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction de Quality of Life

 

Quality of Life -  Bruxelles - Novembre 2005

 

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