Europe : Busquin, les catholiques…et les cellules souches embryonnaires.

Publié le par brochier

« La composition du Groupe européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies, chargé de conseiller la Commission sur les questions morales, divise le Parlement européen. Les partisans de la recherche libre s'inquiètent des nominations auxquelles le président de la Commission, José Manuel Barroso, a récemment procédé : "Nous sommes choqués qu'il ait choisi tant de personnalités proches du Vatican", a confié au Monde Robert Goebbels, socialiste luxembourgeois, spécialiste de ces questions, mardi 6 décembre. Sur les quinze membres du groupe, cinq sont "des activistes de la droite catholique, n'ayant que très peu de compétences scientifiques", affirme le député socialiste Philippe Busquin, ancien commissaire belge chargé de la recherche. (…) Les critiques de M. Barroso déplorent tout particulièrement la nomination de l'Italien Carlo Casini, président du mouvement Pro-life Italie (contre l'avortement), et membre de l'Académie pontificale pour la vie ; ou celle du Polonais Krzysztof Marczewski, professeur d'éthique à l'université de Lublin.

Appuyée en la circonstance par une majorité de Verts, la frange catholique du Parlement, renforcée depuis l'adhésion à l'UE des pays d'Europe centrale, se félicite, au contraire, d'une composition "désormais équilibrée", selon les termes de Peter Liese, membre de la CDU allemande et chef de file des opposants à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Outre les deux nominations citées, M. Liese salue aussi celle du Slovaque Jozef Glasa, vice-président de la Fédération européenne des associations catholiques médicales ou du théologien allemand Hille Laker, professeur de philosophie morale à la faculté de théologie catholique de Tübingen. Ces personnalités, indique-t-il dans un communiqué, vont "contrebalancer" la présence des "nombreux libéraux", comme le Suédois Göran Hermeren, professeur d'éthique médicale à la faculté de médecine de Lund, reconduit dans sa fonction de président. Les partisans de la recherche libre sur les cellules souches, y compris embryonnaires, s'inquiètent des conseils que le groupe va prodiguer à la Commission. "Il ne faudrait pas que l'UE tourne le dos à la science", affirme la libérale belge Frédérique Ries. La Française Noëlle Lenoir, ancienne ministre déléguée aux affaires européennes, qui a présidé le groupe de 1994 à 2001, admet que "sa composition, beaucoup plus militante, sera sans doute moins favorable au développement de la recherche, ce qui est contraire à la stratégie de Lisbonne, qui conseille de combler le fossé entre l'UE et les Etats-Unis".

Au Parlement européen, 170 eurodéputés, socialistes, conservateurs et libéraux, ont envoyé à M. Barroso, le 27 octobre, une lettre ouverte dans laquelle ils se prononcent pour la liberté de la recherche en matière de cellules souches. Emmenés par M. Goebbels et son collègue conservateur britannique John Purvis, ils lui demandent de ne pas tenir compte d'une pétition contraire envoyée par 73 de leurs adversaires politiques, en septembre. La Commission propose que le programme-cadre de recherche et de développement (2007-2013) finance, comme le précédent, les études qui impliquent l'utilisation de cellules souches embryonnaires dans les pays où cette pratique est autorisée. L'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, la Pologne, la Slovaquie et Malte, qui constituent une minorité de blocage, s'y opposent. » 8 décembre 2005 (Le Monde - Rafaële Rivais)

Quality of Life -  Bruxelles – Décembre 2005

 

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