Suisse : les évêques prennent position et marquent leur opposition au DPI
Pour eux, il doit être refusé car il instaure pour la première fois une politique eugénique délibérée
La Commission de bioéthique de la Conférence des évêques catholiques de Suisse estime que le diagnostic préimplantatoire (DPI) doit être refusé par le Conseil des Etats, "car il instaure pour la première fois une politique eugénique délibérée". "Accepter le DPI, c'est porter atteinte aux principes d'égalité et de justice", estime-t-elle. "Les personnes ayant un handicap n'aurait plus droit à la vie !"
La Commission de bioéthique de la Conférence des évêques catholiques de Suisse (CES) est inquiète de la dérive eugénique et s'oppose au diagnostic préimplantatoire, indique une déclaration de la CES, en date du 2 décembre 2005, et signé par Mario Galgano, porte-parole et attaché de presse de la CES. Le communiqué indique que le Conseil des Etats traitera vraisemblablement le 13 décembre prochain une motion de la Commission du Conseil national concernant l'approbation du diagnostic préimplantatoire (DPI). La Commission de bioéthique de la CES refuse en effet le DPI et espère que le Conseil des Etats se prononcera dans la même direction. La Commission du Conseil des Etats s'occupant de cette thématique a déjà donné un préavis négatif.
« Le DPI doit être refusé car il instaure pour la première fois une politique eugénique délibérée. Le DPI est un eugénisme dans la mesure où il consiste à éliminer tout embryon dont les gènes défectueux pourraient conduire à une maladie héréditaire. Ceci constitue une nouvelle forme de sélection. La distinction entre un embryon acceptable et non-acceptable est arbitraire. De plus, le DPI est contraire à la dignité humaine, protégée par la Constitution fédérale (cf. art. 119 cst, al. 1). Accepter le DPI, c’est porter atteinte aux principes d’égalité et de justice. Les personnes ayant un handicap n’auraient plus droit à la vie ! Le DPI est un affront à l’égard de beaucoup de personnes handicapées. C’est pourtant la tâche d’un Etat démocratique que de promouvoir une recherche scientifique véritablement humaine, celle qui respecte la vie et l’intégrité de l’embryon.
La vie humaine est un don de Dieu
A la lumière de la foi chrétienne, la vie humaine est un don de Dieu qui doit être protégée dès le premier moment. Chaque être humain, dès la conception, est créé par Dieu à son image et à sa ressemblance. Il doit être toujours respecté comme une personne. Ceci vaut également pour l’embryon. De toute évidence, l’embryon possède une potentialité active qu’il actualisera en attributs de la personne adulte.
La Commission de bioéthique de la CES invite l’opinion publique à se confronter aux questions du DPI et à ses conséquences éthiques. »
Porte-parole et attaché de presse de la CES Mobile : +41 (0)79 446 39 36 – E-Mail: info-sbk@bluewin.ch
Quality of Life - Bruxelles – Décembre 2005