Belgique : les cliniques de lEurope (Bruxelles) aident au deuil dun enfant mort-né
Extrait du « Magazine des cliniques de l’Europe », Bruxelles
« Lorsqu'un enfant naît sans vie ou naît non viable, pour une raison quelconque, c'est un drame pour toute la famille.
Souvent les parents ont longuement attendu l'arrivée de leur bébé. Se séparer d'un bébé que l'on a porté durant quelques semaines ou durant quelques mois, est toujours un moment triste et émouvant pour toute la famille.
Lorsque cette séparation est, en autre, compliquée par une législation (1) qui, depuis 1848 n'a pas subi de modifications profondes, cela peut virer au cauchemar pour les parents.
UN EXEMPLE DE TROP PARMI D'AUTRES:
Wouter, le fils de Dirk et Mia, est excité à l'idée d'avoir une soeur.
Mais lorsque Mia est enceinte de 6 mois, cela tourne mal: le coeur du petit enfant arrête de battre. Elsje est née morte. Elle n'a alors que 1 72 jours, 8 jours trop peu pour une existence officielle. Légalement, elle ne peut pas avoir de nom et être enterrée.
Le petit enfant est alors catalogué comme « déchet anatomique » (2) et doit donc être enlevé de telle. manière à la clinique. Un véritable choc pour les parents, qui renforce la peine de la perte de leur second enfant.
Dans nos cliniques, un tel scénario appartient, depuis un certain temps, au passé.
COMMENT TRAVAILLONS‑NOUS AUX CLINIQUES DE L'EUROPE ?
Avant tout, il y a un accueil immédiat et le soutien de l’équipe de sages-femmes et de docteurs. Ce sont les personnes les plus proches des parents car elles ont vécu l'accouchement avec eux. Ce sont les premiers témoins de leurs émotions.
Lorsque les parents sont plus sereins, on leur explique le déroulement de ce qui va suivre. Entre autres, des rendez-vous sont fixés pour une autopsie éventuelle.
Mais surtout, les parents sont informés de la possibilité de se séparer dignement de leur petit enfant. S'ils le désirent, la clinique les aide à régler les formalités pour les obsèques : un petit cercueil adapté sera fabriqué, une cérémonie sera célébrée, le transport vers le crématoire ou le cimetière organisé.
Durant la période entre la naissance et les obsèques, les parents sont assistés par l'équipe de la maternité, en fonction des besoins
Un psychologue, une assistante sociale, une personne de l'équipe pastorale...
SYMBOLES
Durant la première phase de deuil, des symboles apparaissent comme très importants.
L’impression des petites mains et des petits pieds est incorporée dans une carte souvenir. Une mèche de cheveux vient compléter cette relique. Souvent des photos sont prises. De plus, durant ce moment de séparation, les parents reçoivent une fleur, une belle bougie, une icône ou un autre symbole porteur de sens.
Cette procédure élaborée est offerte aux parents comme une possibilité. S'ils ne désirent pas en faire usage, la clinique se porte garante que la dépouille de leur petit enfant sera traitée de façon humaine.
Cela se concrétise par le fait que la clinique emmène le corps de l'enfant au crématoire et que les cendres sont conservées jusqu'à ce que les parents décident de venir les récupérer.
II est important de mentionner que, dans chaque cas, la clinique prend les frais à sa charge.
Aussi bien au niveau fédéral que régional, les Cliniques de l’Europe collaborent également à l'adaptation d'une législation dépassée. Les politiciens auront donc le dernier mot : à eux de prouver que les questions d'éthique peuvent être réglées en dehors de toute connotation politique ou religieuse. »
(1) La règle des 180 jours : article 80bis du Code Civil.
(2) Brochure CSH.cc déchets anatomique
Quality of Life - Bruxelles – Janvier 2004