France : un exemple de ce que la presse féminine « jeune » dit du post IVG

Publié le par brochier

Rubrique : "Pysho" ; titre "Ce bébé qu’on n’a pas gardé", chapeau : "Même si on a programmé l’IVG sans trop d’états d’âme, l’après n’est pas toujours si simple à assumer. Surtout si on tient à l’autre. "

« (…) Les équipes hospitalières chargées du suivi des femmes après l’avortement le confirment : non, il n’existe pas de symptôme dépressif spécifique post-IVG. Le sentiment le plus largement répandu chez leurs patientes lorsqu’elles se réveillent, est le soulagement. Ca y est, l’affaire est réglée, la vie reprend comme avant. Ou presque. Mais c’est vis-à-vis de son mec que l’après s’avère le plus compliqué à gérer. (…) Même au plus fort d’une méga scène de ménage, Sofia prend bien garde de ne pas parler de "ça" : trop destructeur. Parce que, bien sûr, le choix, même fait ensemble sans trop d’états d’âme, n’est pas neutre. On a décidé de mettre fin à quelque chose qui venait de nous deux, et ça remet forcément en question la relation. "Avant cette grossesse, on était dans un trip on vit au jour le jour, on verra bien, confirme Héloïse, Là, on a bien été obligé de se rendre compte que notre histoire ne nous comblait pas, et qu’on ne s’aimait pas assez pour s’engager à élever cet enfant ensemble." Exactement le genre de question qu’on peut éviter de se poser pendant des années. Du coup, on a intérêt, après ce genre d’épisode, à embrayer vite fait sur un autre projet, même modeste, pour ne pas ruminer indéfiniment le pourquoi du comment. "Il faut surtout parvenir à se pardonner, à soi et à l’autre, confirme Julie. Même si je crois qu’il est rarissime que les deux soient à fond pour l’avortement et qu’il y en a toujours un qui s’est laissé entraîner par l’autre." Du coup, après l’IVG, on voit souvent se créer pendant quelques temps dans les couples une sorte de relation victime/bourreau, entre celui qui voulait, au moins un peu, garder l’enfant, et l’autre. "J’ai été infernale avec mon mec pendant cette période, raconte Delphine. S’il m’avait encouragée, ne serait-ce qu’un tout petit peu, j’aurais gardé le bébé. C’est lui qui m’a convaincue d’avorter."  (…) Finalement, la plus forte culpabilité, on la ressent par rapport à ses autres enfants. Lorsque Julie essuie un nez ou change une couche, il lui arrive de penser au bébé de plus : "C’est ça le plus dur. Quand on sait la joie qu’amène un enfant, on se sent nettement plus mal, je pense, que si on n’en a jamais eu. Là, je sais sur quoi j’ai fait une croix. Mais c’est sûrement mieux que de m’en être mal occupée. " »

Dans l’encadré : « Après. Cessez de croire toutes ces sornettes sur l’avortement. Tout le monde ne ressent pas forcément de culpabilité, de tristesse ou de sentiment d’échec. Idem pour le risque de stérilité future (…). Mais si jamais vous vous sentez trop mal, oui, ça arrive, ne gardez pas ce poids sur vos épaules. (…) » Février 2004 (Biba)

 

Avis de l’Alliance pour les Droits de la Vie: derrière les contradictions, une impression d’ensemble qui confirme notre constat que "l’IVG a des conséquences psychologiques difficiles à vivre pour les femmes" (pour 96% des femmes sondées par BVA) et pour les couples. On note certaines dénégations (par exemple quand la réalité du traumatisme post-IVG -à long terme- est abusivement écartée parce qu’on ne regarde que le moment de soulagement souvent observé -à court terme- au lendemain de l’acte…) ou relativisation (par exemple problèmes de stérilité). Mais le seul fait que la presse féminine traite de ce thème dénote une réelle prise de conscience. Le traumatisme post-IVG n’est plus tabou. Adv 20040206

Quality of Life -  Bruxelles – Février 2004

 

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Publié dans Contraception

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