Japon : la grève des ventres : crise « culturelle » de la maternité
« Pas facile d’être une femme au Japon. Pas facile de trouver sa place dans « un monde qui ne croit plus en l’avenir », comme le souligne une productrice, célibataire, ni d’allier féminité, travail et maternité. Tellement difficile, d’ailleurs, que la majorité d’entre elles ont décidé de refuser l’enfantement. Le taux de fécondité n’a cessé de chuter pour atteindre 0,33 enfant par femme (1 à Tokyo). On parle de « grève des ventres ». Et si le Japon continue sur cette voie, il n’y aura plus de Japonais sur terre d’ici à 200 ans. (…) Les femmes et les hommes n’arrivent plus à communiquer, à tel point que ces derniers trouvent refuge auprès des adolescentes. Elles jouent à fond la carte de l’écolière car elles savent qu’ils raffolent des uniformes et autres colifichets des toutes jeunes filles. (…) Ces ados savent bien qu’en grandissant elles perdront leur pouvoir attractif. Dans une société qui donne le sentiment d’avoir gommé la moindre trace d’amour, où le maître mot est « tuer le temps pour éviter d’affronter la réalité », où la peur de vieillir rode en permanence, les femmes, plus encore que les hommes, sont en pleine crise.» Le Figaro 20040312
Quality of Life - Bruxelles – Avril 2004