Belgique : l'éducation sexuelle arrive en quatrième primaire
« Projets pilotes d'éducation affective et sexuelle, à la rentrée, pour 40 classes.
Pour améliorer l'éducation affective et sexuelle des jeunes, des professionnels (issus d'associations spécialisées, de centres de planning familial, de services de promotion de la santé à l'école, de services psycho-médico-sociaux ou autres) proposeront, dès l'année scolaire prochaine, des animations dans quarante classes.
Les quarante projets en question sont choisis. Reste à planifier le tout, en faisant le lien avec les écoles candidates. Public visé: les 4e et 6e primaires, le fondamental de l'enseignement spécial, et les 4e techniques et professionnelles secondaires.
Un projet consiste en deux modules de deux heures chacun et vise une éducation au respect de l'autre et de son corps, et à la découverte de son identité.
Il faut rappeler qu'il s'agit d'une expérience pilote. «A terme, le but est bel et bien de l'étendre à l'ensemble des élèves», indique-t-on au cabinet de la ministre de l'Aide à la jeunesse et de la Santé, Nicole Maréchal (Ecolo), porteuse de l'initiative. «Mais on ne peut pas tout révolutionner brutalement.» D'autant que les réticences restent assez vives. L'annonce du projet, à la dernière rentrée scolaire, avait fait couler beaucoup d'encre, tout le monde ne partageant pas l'idée selon laquelle il faut améliorer l'information des jeunes concernant l'affectif et la sexualité, via des animations obligatoires et gratuites.
Plusieurs constatations motivent la démarche. Dont une, principale: tous les jeunes ne bénéficient pas de la même information. Certes, des initiatives existent déjà aujourd'hui dans certaines écoles. Mais elles sont très inégalement réparties. On constate même que ceux qui en auraient le plus besoin en demeurent les plus éloignés. La grande enquête sur la santé des jeunes l'a encore montré tout récemment: le déficit de ce type d'information est plus important au sein des populations les plus défavorisées.
Le projet de Nicole Maréchal vise donc à rééquilibrer tout cela. L'idée est d'atteindre l'ensemble des réseaux et des types d'enseignement, avec un bon niveau de dispersion géographique. Bref, de travailler avec un échantillon suffisamment représentatif, pour pouvoir en tirer des conclusions sur l'efficacité, l'offre et la demande, en vue d'une généralisation la plus rapide possible. » www.lalibre.be 20040528