Peut-on dire qu'une personne est en vie lorsqu'elle est en état de mort cérébrale ?
C'est la question que pose le texte "Finis Vitae. Is Brain Death still Life?", produit et publie par le CNR. Des experts internationaux y affrontent la définition de mort, et étudient les critères qui la certifient. "Mors est finis vitae: autrement dit, la mort n'est pas seulement le contraire de la vie, mais aussi le moment ou se dévoile sa signification", observe Roberto de Mattei, vice-president du Conseil National de la Recherche. Les progrès scientifiques et technologiques appliqués à la médecine ont introduit de nouveaux motifs de réflexion :
acharnement thérapeutique, testament biologique, euthanasie et suicide assisté, demande de suspension de thérapie, soins palliatifs et surtout prélèvement d'organes destinés aux greffes. Le débat concerne autant les entités laïques que les organes religieux.
Jusque dans les années 60, la mort était certifiée lorsque toute fonction vitale avait définitivement cessé : respiration, circulation sanguine et activité du système nerveux. Mais en 1968 sont apparus les critères de Harvard définissant l'état de coma irréversible par l'arrêt définitif des fonctions encéphaliques. Or l'ouvrage note l'absence de données clinico-statistiques corroborant cette définition, et critique l'association du terme " irréversible " avec un diagnostic à caractère empirique. Malgré ces faiblesses, le concept de mort cérébrale avait été introduit et assimilé rapidement dans les législations et les pratiques médicales d'une majorité de pays.
Ca n'est que dans les années 80 qu'est née la perplexité du monde scientifique sur la validité d'un tel critère. Ce n'est pas un hasard si les critères de Harvard suivent de quelques mois la première greffe cardiaque : trouver un coeur sain pour une greffe nécessite de le prélever sur un patient vivant, on a donc tout intérêt à disposer d'un critère qui permet de déclarer la mort d'un patient. Or d'un point de vue éthique, il semble inacceptable de prélever un organe vital sain sur un individu en état de mort cérébrale, bien qu'encore vivant biologiquement. Le fait que la mort cérébrale ait été utilisée par intérêt ne lui attribue pas automatiquement valeur de mensonge, mais doit constituer un motif d'enquête. Car le dessein noble de sauver des vies ne justifie pas l'emploi de n'importe quel moyen pour le rejoindre. En outre la réalité clinique offre plusieurs exemples de récupération des fonctions cérébrales par des personnes dont l'état a été compatible avec la définition de mort cérébrale. D'autres interrogations concernent les critères neurologiques à utiliser pour la certification du décès, sur lesquelles les pratiques diffèrent entre les pays. Un être humain en état de mort cérébrale n'est pas un cadavre. Or juridiquement, il n'existe pas de condition intermédiaire entre être vivant ou mort. Sources : http://www.ricercaitaliana.it, le 13 décembre 2006
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/40866.htm