Belgique : question de lappariement de la nouvelle loi encadrant laPMA: nest-ce pas une première forme deugénisme ?
« Pour le généticien Gilbert Vassart, l'appariement relève encore de la science-fiction.
La commission des Affaires sociales du Sénat a examiné mercredi la proposition de loi encadrant la procréation médicalement assistée (PMA). (…)
Concernant l'appariement entre donneurs et receveurs, soit la sélection des gamètes et embryons pour prévenir de trop grandes dissemblances physiques, c'est l'interdiction prônée par Philippe Mahoux (PS) qui est passée. Le MR a pour sa part voté contre cet amendement, estimant que le désir d'appariement est humain dans le chef de futurs parents. Etape controversée car considérée comme précurseur d'eugénisme, la technique de l'appariement n'aurait pourtant qu'une efficacité très limitée selon Gilbert Vassart, généticien à l'hôpital universitaire Erasme.
Peut-on sélectionner des gamètes de donneurs pour limiter les dissemblances entre auteurs d'un projet parental et futurs enfants?
Je crois surtout qu'on se fait peur alors qu'il n'y a pas beaucoup de raisons. Les paramètres sélectionnables sur un spermatozoïde sont en effet très limités. Tout au plus, on pourra opérer un «tri» sur base des grands types ethniques. Autrement dit, on pourra sélectionner un type indo-européen, africain, asiatique, etc. Mais encore, jamais avec une totale certitude, les gènes récessifs sont, par définition, imprévisibles. Par ailleurs, tenter d'analyser en profondeur le génome d'un spermatozoïde pour en connaître certaines caractéristiques physiques, c'est le condamner à la destruction. Il devient «inutilisable». Aujourd'hui, il n'est pas possible de sélectionner des gamètes sur base de la couleur des yeux ou des cheveux.
On peut alors sélectionner le donneur sur base de ses caractéristiques physiques?
Il n'y aura pas plus de garantie de résultats. Il suffit déjà d'observer les différences qu'il peut y avoir au sein d'une fratrie avec les mêmes parents biologiques.
Quid de la sélection des embryons?
Elle est possible mais là aussi très limitée. On peut tout au plus détecter des maladies génétiques, mais sûrement pas des caractéristiques physiques et/ou intellectuelles.
Pour autant, l'appariement aussi limité soit-il vous paraît-il moralement acceptable?
Je crois qu'on peut comprendre le besoin de confort psychologique souhaité par les futurs parents receveurs. Dans le cas de l'insémination artificielle, au moins un des parents fournit son matériel génétique, on peut dès lors entendre l'envie d'avoir un enfant le plus proche de son image. Mais, ce n'est pas toujours le cas, il y a des couples pour qui cela n'a pas d'importance. Dans d'autres cas comme l'adoption, la couleur de peau des enfants par exemple revêt souvent peu d'importance.
Pousser plus loin la sélection des gamètes pourrait aussi fragiliser l'anonymat des donneurs que la proposition de loi sur la PMA pourtant consacre. Vous êtes d'accord?
Oui et favorable à l'anonymat complet. Je crois que c'est préférable pour le bien-être de l'enfant qui aura versé son amour sur son père légal.
Le taux de fausses paternités dans la population est plus élevé qu'on ne le pense. Beaucoup de pères ne le sauront jamais et les enfants encore moins, lesquels n'auront aucun problème majeur à ne pas connaître leur père biologique. » www.lalibre.be 20060601
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