Belgique : combien d'avortements en Belgique par an ? 15.595 ou 45.595 ?
Depuis quelques années, certains responsables politiques en Belgique affirmaient avoir pu stabiliser le nombre des avortements à un niveau inférieur à celui des avortements « clandestins » d'avant 1990, date à laquelle l’avortement a été dépénalisé sous certaines conditions assez strictes.
Les chiffres et l’analyse ci-dessous est parue récemment dans une publication pro-vie en Belgique et livre certains éléments de réflexion, notamment en posant la question des avortements effectués en milieu hospitalier.
« Avec 1,3 avortements ( officiellement enregistrés ) pour 1000 habitants et par an, et même avec1, 5 enregistré en 2003, les autorités et la plupart des commentateurs belges se flattaient , à chaque rapport de la commission d'évaluation, des excellents résultats de sa législation de 1990 autorisant « sous conditions » le recours à l'avortement. Soit dit en passant, 1,3 ou 1,5 pour mille, cela fait tout de même entre 13 500 et 15 600 morts chaque année, plus d'un million d'années d'espérance de vie fauchées à la racine, soit, de ce point de vue, la première cause de mortalité dans notre pays...
Mais les Néerlandais n'en sont‑ils pas à 2.6, les Britanniques à 3.2 et les Français à 3.5 ? On pouvait bien s'inquiéter quelque peu de la proportion de très jeunes filles impliquées, un couplet sur la nécessité de promouvoir les méthodes anticonceptionnelles auprès de la jeunesse suffisait à apaiser les consciences.
Mais voilà, depuis des années aussi, dans ce Vox Vitae, nous mettons en doute la réalité des données officielles, les seules sur lesquelles la commission travaille. Nous avons notamment mis en lumière l'étrange proportion ( plus de 80%, 78% pour la dernière année recensée, soit 2003 ) des avortements commis en milieu extra hospitalier, pour suggérer que les avortements en milieu hospitalier étaient sous‑estimés.
Titrant « L'avortement aux urgences », le Soir du 18 octobre relève : « 15.591 cas en Belgique, près de 80% de ceux‑ci ont été traités en milieu extra hospitalier. Les causes sont multiples ; (...). Et les chiffres sont, de l'avis général, une sous‑estimation bon nombre d'avortements ne sont pas déclarés ou ils le sont dans la catégorie curetage : 40 000 cas par an... »
Pour le Dr Pierre Moenens, président de la Fédération des plannings laïques, les statistiques de la commission d'évalutaion sont « un outil utile, mais pas assez fiable » Les hôpitaux cachent nombre d'avortements pratiqués sous leur contrôle, soit par négligence administrative, soit par souci d'image et les enregistrent sous la rubrique des curetages.
Pour un membre de la commission d'évaluation, qui n'a pas souhaité que le journal révèle son identité, « Le chiffre noir est élevé. On sous‑estime clairement le phénomène ».
D'où vient que de tels acteurs admettent aujourd'hui ce qu'ils ont nié ou tu pendant des années ?
Tout simplement parce que la pénurie menace. Selon les propres mots du « Soir », il va manquer de médecins avorteurs. Ceux‑ci sont surchargés et dévalorisés. Le « sale boulot » est confiné de plus en plus dans des équipes qui ne s'occupent pratiquement plus que de cela et les moyens ne suivent pas. Pour les attirer, il faut démontrer qu'il y a de la demande, bien plus de demande qu'on ne l'a volontiers admis jusqu'à présent...
II semble donc que notre pays n'ait pas à s'enorgueillir de la façon dont il évite l'extrémité de l'avortement. II se situe fort probablement dans la moyenne de ses voisins, où une conception sur quatre finit par un avortement direct. Ne sont pas comptés ici les avortements, indubitablement fort nombreux, provoqués par l'effet antinidatoire des anticonceptionnels hormonaux modernes et des stérilets, effets dont le public n'est pas toujours conscient. Notons au passage que tous ces décès prématurés expliquent à eux seuls la quasi‑totalité du déficit démographique dans nos régions...
Que reste‑t‑il de la fameuse notion de « détresse », de ces situations inextricables qui ont été évoquées pour justifier une légalisation de l'avortement dont certains espéraient encore les effets limités ? De telles situations existent, malheureusement, et l'avortement ne leur apporte aucune solution. Quand une avorteuse confie benoîtement qu'avec sa machine, ce n'est pas seulement un foetus qu'elle aspire, mais aussi toutes les angoisses de la femme, elle se berce des illusions nécessaires pour pratiquer un tel métier sans sombrer elle‑même dans les désordres mentaux. Ce qu'elle détruit, avec l'enfant, c'est la joie de vivre et de donner la vie.
Mais comment croire que, dans les sociétés les plus développées que l'Histoire ait jamais connues, une grossesse sur quatre finit par un dilemme tellement dramatique qu'il mette en jeu la vie de l'enfant ? . II faut y voir un abaissement effrayant du seuil à partir duquel le recours à l' avortement est perçu comme légitime.
A de tels niveaux, nous devons nous rendre à l'évidence que l'avortement de convenance est devenu une réalité sociale quotidienne.
Le parallèle avec le divorce mériterait d'être développé.
L'avortement reste une urgence, en effet. Chaque fois qu'il se produit, c'est la vie d'un enfant qui est en jeu. Chaque fois qu'il s'étend, c'est la santé de notre société qui se dégrade un peu plus. Car une société où les gens tuent leurs enfants dans ces proportions, appelle la mort sur elle-même.
L'urgence, ce n'est pas d'engager de nouveaux avorteurs, d'ouvrir de nouveaux centres, de distribuer plus de pilules ou de préservatifs
L'urgence, ce n'est pas d'étendre le règne de la mort.
L'urgence, c'est d'insuffler un peu d'espérance , tout spécialement à !a jeunesse, de lui rendre ses repères, sa fierté d'être et de donner la vie. (…)»
Source : Vox Vitae – SOS mères en détresse - Octobre-novembre 2005