Belgique : promotionner leuthanasie et permettre le suicide assisté
« Christine Defraigne veut légaliser l'aide à mourir
La sénatrice MR dépose une proposition de loi qui vise à faciliter l'assistance au suicide.
Va-t-on remettre la loi dépénalisant l'euthanasie sous conditions sur le métier? Certains le souhaitent. En début de législature, les sénatrices Jeannine Leduc (VLD) et Jacinta De Roeck (SP.A) ont déjà introduit chacune une proposition de loi visant à élargir le droit à l'euthanasie pour les personnes qui n'ont plus conscience de leur propre personne. Hors parlement, des voix se sont aussi élevées pour étendre ce droit aux personnes démentes (le professeur Cosyns) et pour envisager le cas des euthanasies non pratiquées par un médecin (Wim Distelmans, président de la commission d'évaluation de la loi sur l'euthanasie).
A son tour, la présidente du groupe MR, Christine Defraigne, souhaite prolonger le débat. De manière douce et sans toucher aux fondamentaux de la (toute jeune) loi du 28 mai 2002, assure-t-elle. Les conditions de base énoncées à l'article 3 (la maladie incurable, la souffrance physique et/ou psychologique inapaisable et constante) doivent rester d'application. Mais la sénatrice MR souhaite assurer davantage de publicité au contenu de cette loi.
Mme Defraigne estime ainsi qu'il faut promotionner la déclaration anticipée (également appelée «testament de vie») qui permet aux citoyens de réclamer qu'un médecin pratique une euthanasie au cas où ils se trouveraient plongés dans un coma irréversible. «L'objectif est qu'un maximum de monde exprime ses volontés pour le cas où il ne serait plus en mesure de le faire au moment où la question se pose.» Pour la chef de file MR au Sénat, il s'agit, le cas échéant, que les proches n'aient pas à s'interroger et à se déchirer quant à la meilleure option à choisir. Cela permettra aussi aux médecins de procéder à l'euthanasie en toute légalité et en respectant les volontés de leur patient.
«Pour ce faire, il importe de respecter l'intimité du déclarant qui n'a pas toujours besoin d'être entouré par toute une série de gens non concernés.» La sénatrice veut donc alléger la procédure de rédaction de la déclaration anticipée, tout en maintenant une série de garanties. Mais Christine Defraigne s'oppose à l'euthanasie des personnes tombées dans un coma définitif qui n'ont pas rédigé ce «testament de vie».
Pour le reste, sans fermer la porte au débat, elle s'oppose également, dans l'état actuel des choses, à l'euthanasie des personnes qui connaissent un affaiblissement progressif de leurs facultés mentales, tout comme des déments qui ont rédigé une déclaration anticipée alors qu'ils étaient encore conscients. Trop délicat et trop aléatoire.
La sénatrice libérale n'est pas davantage favorable, dans l'état actuel des choses, à l'euthanasie des mineurs. En revanche, la proposition de loi de la sénatrice MR ajoute une nouvelle notion: l'aide à mourir, c'est-à-dire le fait d'aider intentionnellement une personne à se suicider ou de lui en procurer les moyens, pour respecter, le cas échéant, la volonté du malade d'accomplir lui-même le geste fatal.
Le chef de groupe PS au Sénat, Philippe Mahoux, coauteur de l'actuelle loi sur l'euthanasie, estime qu'une modification de la législation n'est pas à l'ordre du jour.