Belgique : à 15 ans, je suis maman
Céline, une élève de l'Institut Saint-Jospeh, a eu une petite fille à l'âge de 15 ans.
Même si la grossesse était accidentelle, elle et sa maman ont bien accepté l'enfant.
Laura a aujourd'hui deux ans. Céline raconte son histoire faite de peur et de bonheur.
Fin mai, Laura aura deux ans. Une petite fille comme les autres, qui fera ses débuts à l'école maternelle dans quelques mois. Sa maman, quant à elle, a aujourd'hui 17 ans. Entre ses cours à l'Institut Saint-Joseph, près de Waremme, et ses sorties, Céline (prénom d'emprunt) a dû apprendre le métier de mère.
«J'ai deux facettes: à l'école, je suis une jeune fille, toujours un peu gamine tandis qu'à la maison, j'ai mon rôle de mère, plus sérieux», explique-t-elle, en avouant qu'il est parfois difficile de combiner les rôles d'ado et de maman. Et de gérer ses envies. «Mais Laura est très calme», ajoute-t-elle. Cette aventure prématurée de grossesse, Céline l'a vécue aux côtés de sa propre mère, elle-même enceinte d'un petit garçon. Les deux enfants, dont l'un est, sans le savoir, l'oncle de l'autre, s'amusent aujourd'hui ensemble. Durant sa grossesse, Céline n'a presque pas manqué les cours et espère trouver bientôt un travail.
Pas une seconde, il n'a été sérieusement question d'avortement au sein de cette famille nombreuse.
«Je préférais que ce soit Céline qui fasse son propre choix», dit sa mère. «Je ne voulais pas l'influencer, pour ne pas qu'elle me reproche par la suite d'avoir décidé pour elle.»
L'adolescente a choisi de donner la vie. Et si le père de Laura a, quant à lui, préféré s'en aller, Céline a maintenant rencontré un jeune homme de 21 ans, «qui accepte et s'occupe très bien du bébé». Céline garde un bon souvenir de l'accouchement, qui ne fut pas trop pénible grâce à la péridurale.
Elle raconte son histoire...
Témoignage
«Je suis une mère ado. À l'âge de 15 ans, je suis tombée enceinte par accident... À l'époque, j'étais dans un internat et les week-ends, j'allais loger chez mon copain. Nous avions chacun notre méthode contraceptive: lui le préservatif et moi la pilule. Ce week-end là, nous avons été pris par l'envie et l'aventure. Moi, j'avais oublié d'emporter ma pilule...
Mon copain et moi nous nous sommes dit que ce n'était pas très grave puisqu'il portait le préservatif. Nous nous sommes trompés: le préservatif s'est déchiré. Quelques jours plus tard, je ne me sentais vraiment pas bien. J'ai alors décidé de parler de mon aventure avec mon éducateur. Il m'a tout de suite emmenée faire une prise de sang et, quelques jours plus tard, les résultats étaient positifs. J'étais enceinte.
Évidemment, ce fut la panique. Je n'osais le dire ni à mes parents ni à mon copain, qui m'a quittée quand je lui ai annoncé la nouvelle. Puis, j'en ai parlé avec mes parents, cela s'est bien passé. Ma mère était contente. Émue, mais surprise. À l'époque, je ne connaissais pas la pilule du lendemain, ni même l'existence d'un planning familial.
J'ai parlé de l'avortement sans en avoir envie. Beaucoup de personnes me l'ont vivement conseillé. J'ai suivi mon instinct et j'ai décidé de garder mon enfant. Neuf mois plus tard, j'ai mis au monde une merveilleuse petite fille et je n'ai aucun regret.
Quant au père de ma fille, il vient la voir de temps en temps, les week-ends, mais nous restons séparés. Ma fille et moi, nous allons bien.
Moi, à refaire, j'aurais évité les rapports sans méthode contraceptive très fiable. Dès mon accouchement, ma maman m'a fait poser un implant qui m'empêchera d'être enceinte pendant trois ans.» www.lalibre.be 20060327