Belgique : soins palliatifs: Rudy Demotte: «Je ne peux pas vous promettre 20 millions»

Publié le par brochier

Mais le ministre évoque une hausse graduelle du budget, à partir

d'une analyse scientifique des besoins.

L es médecins ressentent souvent comme un échec quand le patient meurt. Mais on meurt tous! La question, c'est: comment meurt-on? Si on arrêtait les examens stupides et inutiles qui n'ont pas de sens mais remplissent les lits d'hôpital et font tourner les machines? On pourrait alors utiliser cet argent pour mieux accompagner les gens en fin de vie.» A entendre le député Luc Goutry, mardi, en commission de la Santé publique de la Chambre, c'est clair: le CD&V approuve totalement l'argumentation de la cellule d'évaluation.

 

La députée VLD, Yolande Avontroodt, par ailleurs médecin, se montre nettement plus réservée: «Parler de coûts et de moyens de faire des économies, ce n'est pas bien placer le débat. On ne pourra jamais supprimer une partie de bénévolat et de volontariat dans les structures palliatives. C'est même plutôt positif.»

 

De son côté, le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Rudy Demotte (PS), tient à nuancer les conclusions de la cellule d'évaluation et à les replacer dans un contexte global. Il insiste pour que le débat sur les soins palliatifs ne soit pas pollué inutilement par une opposition stérile entre soins continus et euthanasie. «Il ne s'agit pas d'une alternative mais de deux voies différentes et complémentaires» dans les options thérapeutiques à mettre en oeuvre en fin de vie.

 

Rudy Demotte veut aussi éviter qu'on tombe dans une approche trop négative des soins thérapeutiques: «On ne peut pas se mettre à la place du médecin ou de la famille pour décider des choix thérapeutiques à mettre en oeuvre. De nombreux signaux tendent à indiquer que la médecine devient de plus en plus humaine. Des progrès majeurs ont été réalisés sur le terrain ces dernières années.» On doit tout faire pour maintenir la vie tant qu'on peut, puis il faut se battre pour que la mort survienne de la meilleure façon possible, dit-il.

 

S'agissant du financement des soins palliatifs, Rudy Demotte a pris note du fait que le rapport pointait un déficit de 20 millions d'euros. Mais il estime que cela ne se base pas ni sur une étude scientifique ni sur des indicateurs objectifs. Autre regret: on n'évoque pas le fait que le budget de soins palliatifs a doublé depuis 1999. Ainsi, le forfait patient était de 0 en 1999, de 3,3 millions d'euros en 2000 pour atteindre plus de 7 millions d'euros en 2003. On oublie aussi un peu vite que les soins palliatifs sont aussi financés au travers de la première ligne de soins infirmiers et qu'une grosse partie du budget émarge également au budget de fonctionnement des hôpitaux, ajoute-t-il.

 

Au total: «Je ne suis pas contre des efforts supplémentaires, mais je ne peux pas vous promettre 20 millions.» Une des priorités politiques dans le budget 2007 visera un effort pour le secteur palliatif hospitalier, indique encore M. Demotte. Le budget augmentera de manière graduelle, dans le cadre d'un plan pluriannuel, à partir d'une analyse scientifique des besoins du secteur, indique encore M.Demotte. www.lalibre.be 20060322

Quality of Life - Bruxelles – Avril 2006

 

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