Belgique : UCL : l'embryon comme pomme de discorde

Publié le par brochier

« Dans la ligne de mire de l'Eglise: les recherches sur les cellules souches embryonnaires et la fécondation in vitro.

Si d'autres «thématiques» ont pu parfois exacerber les relations entre l'UCL et le Vatican, la technique de la fécondation in vitro (Fiv) et les recherches sur les cellules souches constituent les indéniables et actuelles pierres d'achoppement entre les deux institutions.

 

La première est pratiquée (notamment) par le centre de fécondation des cliniques universitaires Saint-Luc, établissement intimement lié à l'UCL. Le centre procède à l'implantation d'un nombre d'ovocytes tel que le recommande la loi belge afin d'éviter les grossesses multiples et il a ensuite recours à la congélation des embryons surnuméraires. Mais, l'intervention éventuelle d'un tiers - soit le donneur anonyme de gamètes dans le processus de procréation - ainsi que la congélation des embryons surnuméraires - pour la plupart voués à la destruction (que ce soit par décongélation, usure du temps ou prélèvement pour la recherche de cellules souche) - sont très contestées par l'Eglise. En particulier: la délicate question de la destruction de l'embryon qu'elle considère comme une personne humaine.

 

Il n'en demeure pas moins que la législation belge autorise toutes ces pratiques et réglemente certains actes techniques - comme le prélèvement d'ovules - qui font l'objet d'un remboursement par la sécurité sociale. Une situation relativement récente puisque, jusqu'il y a peu en droit belge, rien ne réglementait l'utilisation des techniques de procréation médicalement assistée (PMA), si ce n'est l'arrêté royal qui permet le remboursement par la Sécu. En réalité, en Belgique, c'est un gentleman agreement tacite qui a longtemps prévalu en matière de PMA, chaque centre de fécondation fonctionnant selon ses propres convictions philosophiques. D'aucuns préféraient qu'on laisse les choses en l'état, d'autres plaidaient pour une intervention du législateur afin d'éviter les risques de «dérapages» tels qu'on a pu en connaître dans d'autres pays. En juin dernier, après moult discussions, le législateur a finalement opté pour une loi qui coupe la poire en deux. Elle préserve la marge de manoeuvre du centre de fécondation consulté, étant entendu que la décision partagée de procéder à une PMA naîtra finalement de la nécessaire confiance qui doit exister entre le médecin consulté et la ou les personnes intéressées. En contrepartie, elle encadre la technique en instituant quelques interdits généraux valables pour tous et qui visent à empêcher toute dérive (eugénisme, commercialisation des gamètes, etc.).

 

Destruction en question

 

L'autre sujet qui fâche - et ce sans qu'il n'y ait nécessairement de lien de cause en effet - concerne la recherche sur les cellules souches. Comme de nombreux organismes de recherche, l'UCL a investi dans un domaine scientifique qui recèle l'espoir de pouvoir, dans le futur, guérir de graves maladies dégénérescentes. Mais ce domaine ouvre aussi la porte à la polémique dans la mesure où, pour prometteur qu'il soit, le recours aux cellules souches est encore loin d'être maîtrisé. Qui plus est, un des pans de cette recherche s'axe sur ce que l'on appelle les cellules souches embryonnaires, soit des cellules souches prélevées sur des embryons surnuméraires ou créés à cet effet si - comme le stipule expressément la loi relative à la recherche sur les embryons - le besoin se fait sentir dans des conditions bien définies (clonage thérapeutique). Une telle opération suppose la destruction a posteriori de l'embryon, un épilogue qui pour l'Eglise catholique constitue un acte éthiquement condamnable. A noter toutefois que les recherches sont opérées sur des embryons qui, n'ayant plus d'autre destinée, sont de toute façon voués à la destruction.

 

La réprobation vaticane avait en son temps rattrapé l'UCL, même si depuis cette dernière s'est aussi focalisée sur les cellules souches dites adultes, c'est-à-dire prélevées dans la moelle osseuse, en raison notamment d'un potentiel thérapeutique plus important que celui des cellules souches embryonnaires. L'avantage du prélèvement des cellules sur le corps adulte, c'est qu'il ne se prête pas à des polémiques d'ordre éthique. Reste que les recherches sur les embryons menées par le centre hospitalier universitaire vont à l'encontre des principes posés par l'Académie pontificale pour la vie. Créée en 1994 par Jean-Paul II, l'Académie a pour but d'étudier les principaux problèmes de bioéthique relatifs à la promotion et à la défense de la vie (contraception, avortement, fécondation in vitro, clonage, etc.). »www.lalibre.be  20060809

(NDLR: .Les opinions exprimées dans les articles de la revue de presse ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction de Quality of Life)

Quality of Life - Bruxelles – Septembre 2006

 

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