Belgique : UCL et les questions de Mgr Léonard.
« Surprise, jeudi matin, aux Halles universitaires à Louvain-la-Neuve: c'est en lisant notre journal que le recteur Bernard Coulie a appris qu'un des plus éminents membres de son Pouvoir organisateur avait fait réaliser un audit sur les recherches bioéthiques menées à l'Université avec l'intention à peine déguisée de l'adresser au Vatican. Objectif poursuivi: «suppléer à la carence critique du monde chrétien belge»! On lira ci-dessous qu'André-Mutien Léonard dément qu'il ait adressé le travail à Rome mais la démarche n'en laisse pas moins perplexe le «patron» de l'UCL: «On peut effectivement s'en étonner dans la mesure où l'évêque appartient au Pouvoir organisateur. Il est facile pour lui d'entrer en contact avec nous pour nous faire part de ses remarques... On ose penser qu'il s'en expliquera avec nous». Constatant que l'on est en présence d'affaires qui touchent à l'organisation de l'Eglise, Bernard Coulie demande cependant de faire la part des choses entre le travail de l'UCL et «la maison mère romaine»: «L'Eglise est tout à fait dans son rôle quand elle rappelle les exigences éthiques dans le contexte du magistère mais l'Université est pour sa part engagée sur le terrain. Face aux demandes des gens, d'une certaine détresse humaine, on ne peut répondre à coups d'encycliques. Notre devoir est de les prendre en charge. Les solutions que nous offrons ne sont peut-être pas idéales mais elles ont le mérite d'aider ceux qui ont des difficultés. A l'UCL, nous sommes très attentifs à prendre en charge l'infertilité en l'entourant de grandes réserves et de limites éthiques.»
Exigence éthique
Cela dit, cela se fait tout naturellement dans l'esprit chrétien qui caractérise «Louvain» depuis plus de cinq siècles: «Notre université n'est pas pontificale mais a un statut juridique belge. Nous n'avons donc pas de comptes à rendre à l'Eglise mais, je le répète, cela ne nous dispense pas de respecter les exigences éthiques. L'UCL est donc très prudente mais nous avons aussi le devoir de faire progresser la réflexion éthique et morale qui ne sont pas figées une fois pour toutes.»
Et le recteur de Louvain-francophone de conclure: «notre université est courageuse parce qu'elle prend en permanence le risque de confronter l'idéal à la réalité...» Ce n'est, évidemment, pas la première fois qu'il y a une discordance entre l'Université de Louvain et les autorités ecclésiales, en l'occurrence romaines: lorsque Jean-Paul II avait mis en garde les Alma Mater catholiques qui se laisseraient aller à des recherches contraires au magistère dans l'encyclique «Evangelium Vitae», le recteur de l'époque Pierre Macq avait défendu fermement ses chercheurs. Il est aussi loin le temps où les professeurs critiques, notamment théologiens tels le chanoine de Locht, se faisaient mettre à l'écart parce qu'ils n'étaient pas dans la ligne de l'Eglise. » www.lalibre.be 20060908
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