Belgique : banques de cellules souches adultes ou embryonnaires.

Publié le par brochier

Derrière le don d'ovules et de sang ombilical, il y a des donneurs de cellules souches. Mais la législation actuelle comporte des carences sur la portée d'un tel acte.

 

Conscientiser les individus en tant que donneurs potentiels de cellules souches. Tel est l'objectif de l'ONG internationale Zonta -active dans l'amélioration du statut de la femme- qui lance une campagne, internationale aussi, d'information.

 

De fait, les ovules surnuméraires (issus des fécondations in vitro- Fiv) et le sang ombilical des nouveaux-nés constituent les sources principales de cellules souches. «Parfois, les donneurs ne sont pas au courant et le moment ou on leur demande ce «matériel» -soit l'accouchement ou au cours d'une Fiv- n'est pas des plus appropriés car hautement émotionnel», explique Agnès Vermeulen, interniste-hématologue. «Ce n'est donc pas idéal pour apprécier la portée d'un tel geste dans le contexte actuel de révolution médicale et plus particulièrement dans le domaine des cellules souches.» Aujourd'hui, en Belgique, le sang ombilical peut être conservé par deux banques publiques universitaires et sans but lucratif. Le sang est alors disponible à n'importe qui et il n'y a aucune garantie que le donneur y aura accès s'il en a besoin.

 

Alternative privée

 

L'autre moyen est de le confier à une entreprise privée de banque de sang. Ces dernières encouragent les parents à conserver le sang ombilical de leur enfant au cas où il en aurait besoin (or, la compatibilité n'est pas toujours au rendez-vous en cas de transplantation). En Belgique, il existe une seule banque privée: la Cryosave, sise à Malines, qui conserve les cellules au nom du bébé pendant au moins 20 ans. La Cryosave demande 1500 euros pour stocker le sang des cordons, elle détient actuellement 20000 échantillons. Mais qu'est-ce qui garantit la destination de ce matériel génétique potentiel? Et que devient-il quand les 20 ans sont écoulés? La loi du 5 juillet 1994 relative au sang et aux dérivés du sang d'origine humaine est applicable en la matière. Cette loi prévoit que les prélèvements ne peuvent se faire que par une institution agréée, que le ministre en fixe le prix, que toute publicité est interdite et que l'anonymat du donneur est respecté sauf en cas de nécessité médicale. Plusieurs initiatives parlementaires en vue d'élargir la loi aux pratiques commerciales privées ont échoué, au nom de la libre-concurrence. Dernière proposition en date: revoir la législation et proposer une base juridique propre à l'ensemble des cellules souches qui comporterait aussi les grands principes éthiques à respecter. Par ailleurs, la mise en place d'une véritable banque publique de sang ombilical se fait toujours attendre. Pour ce qui est du stockage et de la conservation, les deux banques universitaires vivent toujours grâce à des fonds privés. Même inquiétude également sur les embryons surnuméraires. Rappelons que la loi autorise désormais la recherche sur les embryons surnuméraires mais que le commerce de gamètes reste, lui, interdit. «On sait que la loi relative à la recherche encadre strictement la cession des embryons et, en la matière, les donneurs sont généralement mieux informés. Mais ils ne sont pas toujours tenus au courant de ce que deviennent les embryons qui constituent quand même le matériel génétique par définition», souligne Agnès Vermeulen. www.lalibre 20041123

Quality of Life- Bruxelles – Janvier 2005

 

 

 

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