Italie : cellules souches musculaires pour le cerveau
A partir d'un minuscule fragment de muscle, chacun de nous pourra avoir recours à une source individuelle de cellules souches adultes qui, cultivées en laboratoire, sont capables de se différencier en cellules musculaires et neurales. Fruit d'une coopération entre l'Institut neurologique Besta de Milan, les Hôpitaux civils et l'université de Brescia, l'étude a été publiée le 20 novembre dernier dans la revue anglaise "The Lancet". La recherche a été conduite par Giulio Alessandri, qui travaille à Besta depuis trois ans, en collaboration avec Eugenio Parati, responsable de neurobiologie et thérapie neuroréparatrice, Claudio Muneretto et Gianluigi Bisleri, chercheurs des Hôpitaux civils et de l'Université de Brescia.
L'expérimentation a débuté tout d'abord par un prélèvement sur 12 patients souffrant de cardiopathie de 300 mg de tissu musculaire de leur avant-bras lors d'une intervention. Dans un second temps, des cellules souches ont été isolées de ce tissu musculaire, puis cultivées in vitro, où elles se sont différenciées en cellules musculaires et cellules nerveuses. Les cellules souches ont ensuite été injectées dans des rats souffrants de lésions de la moëlle épinière : elles se sont alors intégrées dans la moëlle épinière mais sans se différencier encore dans le système nerveux. Le prochain pas de la recherche consistera donc à obtenir, grâce aux cellules souches prélevées du muscle, la réparation du tissu lésé, pour permettre aux rats de se déplacer de nouveau normalement. Cette découverte qui prouve que les cellules souches peuvent se différencier en cellules musculaires et neurales, ouvre de nouvelles perspectives. "L'étude démontre que chacun de nous porte en soi, à l'intérieur de ses tissus musculaires, une source individuelle de cellules souches qui pourront soigner, à long terme, des maladies du système nerveux central, comme la maladie de Parkinson, l'Alzheimer, des maladies dégénératives causées par des accidents et probablement les lésions cérébrales." Il corriere della sera 20041224