Belgique : la FIV pour qui ? 75% sont des lesbiennes, 5% des femmes seules, et seulement 20% des couples hétérosexuels présentant un problème de stérilité.
Près des trois quarts des inséminations concernent des homosexuelles. 5% des demandes émanent de femmes seules, et le reste de couples hétérosexuels.
Si l'on consulte une source médicale pour connaître les différentes indications de l'insémination artificielle, ce sont évidemment des problèmes liés à l'éjaculation, des anomalies du sperme, des maladies génétiques héréditaires, une incompatibilité rhésus, une stérilité cervicale... qui apparaissent.
Lorsque l'on observe les statistiques, c'est à une autre réalité que l'on est confronté. Les raisons strictement médicales, qui justifient le recours à cette technique de procréation médicalement assistée (PMA), s'avèrent en fait largement minoritaires. Développée à l'origine pour pallier des problèmes d'infertilité, l'insémination répond aujourd'hui avant tout à des besoins liés à une certaine évolution de la société.
Au profit de la FIV
D'après un rapport présenté au Sénat dans le cadre de la préparation de la loi sur l'aide médicalisée à la procréation, et publié dans le magazine médical «Artsenkrant», l'insémination artificielle est avant tout pratiquée chez des couples de lesbiennes. Celles-ci représentent en effet près des trois quarts des cas d'insémination artificielle dans les centres de fécondation, tandis que seulement 5pc des demandes émanent de femmes seules et le reste de couples hétérosexuels infertiles. Ces derniers ont eu tendance à délaisser cette technique une fois que sont apparues la fécondation in vitro (FIV) et les injections intracytoplasmiques de spermatozoïdes. Alors que certains, comme le Pr Franck Comhaire, de l'université de Gand, estiment que l'on fait parfois trop vite appel à ces procédés, la tendance ne devrait faire que s'accentuer comme on a déjà pu le constater depuis le remboursement (Ndlr : remboursement presque intégral par la mutuelle !)de la FIV, rendant la technique accessible à un plus grand nombre.
Si la PMA connaît donc un succès croissant évident, tout particulièrement en Belgique, c'est, d'une part, en raison de la bonne réputation de ses centres, mais également à cause du vide juridique qui règne en la matière dans notre pays. De quoi attirer une patientèle étrangère considérable. Ainsi, à l'hôpital universitaire de Liège, 70 pc des lesbiennes qui souhaitent une insémination viennent de France, où la législation, particulièrement restrictive, ne leur permet pas d'avoir accès à cette technique.
«Au vu de ces divers chiffres, qui traduisent un recours accru aux techniques de procréation médicalement assistée, il devient plus que nécessaire de s'interroger notamment sur les conditions qu'il faut remplir pour pouvoir recourir à ces techniques», estime Christine Defraigne, présidente du groupe MR du Sénat, qui interpellait jeudi Rudy Demotte, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, «le cas récent, paru dans la presse, d'une Roumaine de 67 ans, qui a donné naissance à une petite fille en recourant à une technique de procréation médicalement assistée, est un parfait exemple des multiples questions d'ordre éthique que peuvent soulever les techniques de PMA.» www.lalibre.be 20050121