Pas besoin de créer des bébés médicaments.

Publié le par brochier

Pourquoi créer des bébés médicaments par FIV, puis les sélectionner par Diagnostic pré-implantatoire (DPI) puisque, in fine, l’objectif visé consiste seulement à recueillir un sang de cordon histocompatible en vue d’une greffe ? Dans une situation d’urgence, pourquoi fabriquer sur mesure - et de façon si complexe - des donneurs sur pieds, alors qu’on pourrait recueillir le même greffon histocompatible sans délais de gestation, si les banques publiques de sang placentaire disposaient d’un nombre suffisant de typages HLA ? Au-delà des importantes réserves concernant l’approche réifiante et utilitariste de l’enfant médicament, soulignons qu’au plan éthique, cette technique constitue une forme caractérisée de discrimination positive, dès lors que l’on sélectionne l’embryon par DPI sur le seul critère de son profil génétique. Or la Convention d’Oviedo et la Déclaration universelle sur le Génome humain se rejoignent expressément pour rappeler que « nul ne doit faire l’objet de discriminations fondées sur ses caractéristiques génétiques ». Comment résoudre une telle contradiction ? En effet, l’existence de l’enfant médicament est suspendue à son génotype ; elle relève d’une discrimination positive fondée sur des caractéristiques génétiques. Légalisée en France par la loi du 4 août 2004, la création de bébés médicaments repose sur l’argument que, dans certaines conditions, la fin (obtenir un cordon histocompatible) justifierait les moyens (sélectionner un enfant selon son profil génétique). La création précipitée d’un enfant médicament représente-t-elle vraiment la seule et unique option, celle de la dernière chance ? Pour atteindre le même objectif thérapeutique, l’élargissement des banques de sang de cordon constitue sans doute une alternative éthique, réaliste et durable. Dossier Généthique. 200412

Quality of Life- Bruxelles – Janvier 2005

 

 

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