Belgique : Mgr Léonard nie l'amalgame nazi

Publié le par brochier

Le message de carême de Jean-Paul II fait des vagues dans le monde... politique. Mgr Léonard dément avoir fait un lien entre la législation de l'euthanasie et le nazisme.

 

La semaine dernière, Jean-Paul II s'était attiré les foudres du monde politique néerlandais pour une nouvelle condamnation sans appel de la loi sur l'euthanasie adoptée outre-Moerdijk. Rebelote, en cette fin de semaine mais cette fois il s'agit de Mgr Léonard et la querelle vise la Belgique.

 

Appelé à présenter, au Vatican, le message de carême de Jean-Paul II sur le respect des personnes âgées, l'évêque de Namur a surtout exprimé ses craintes face à un élargissement de la loi comme le suggère une proposition de loi de la sénatrice VLD Jeanine Leduc. Dans la foulée, il a émis l'espoir que «les débats seraient plus vifs dans les pays qui envisagent à leur tour de légiférer en la matière, qu'en Belgique». Mgr Léonard semblait aussi donner l'impression que l'Eglise belge avait été un peu molle. «Je ne visais nullement nos propres structures puisque les évêques ont clairement manifesté leur rejet d'une telle loi à deux reprises», nous explique l'évêque de Namur. «Je constatais simplement que le débat était resté confiné au Parlement et n'avait pas suffisamment gagné toute la société avec la même force qu'en France, par exemple...»

 

Ce n'est cependant pas cette condamnation classique de l'Eglise qui fait froncer des sourcils politiques mais plutôt une interview accordée par André-Mutien Léonard à «Zenit». A une question de l'agence d'information religieuse sur une coïncidence entre sa date de publication et la commémoration du 60e anniversaire de la libération d'Auschwitz, il a répondu qu' «il serait malvenu de l'exploiter en assimilant deux problématiques très différentes même si elles ont en commun la question cruciale du respect absolu de la personne humaine innocente».

 

Mgr Léonard avait ajouté qu' «il reste historiquement vrai que le national-socialisme a récupéré à son profit des thèses comme celle de Binding et de Hoche qui en 1922 et sans accointances avec l'antisémitisme de Hitler, légitimaient juridiquement et médicalement dans un livre éponyme la destruction de vies qui ne valent pas d'être vécues.» Et de conclure que «celui qui ouvre la porte à l'euthanasie devrait savoir à quels démons, il risque d'offrir un jour l'accès.»

 

A-t-il là fait le lien entre les lois sur l'euthanasie et la politique nazie? C'est ce qu'a cru comprendre le correspondant de l'AFP à Rome... Conséquence: dans un communiqué, le sénateur Philippe Mahoux (PS) n'a pas hésité à qualifier les propos de l'évêque d' «abjects». «L'acte d'euthanasie est le geste ultime d'humanité qu'un médecin peut prodiguer à son malade. Tous propos tels que ceux qu'on prête à Mgr Léonard et qui pratiquent un amalgame immonde sont abjects », a précisé l'élu PS.

 

«M. Mahoux devrait mieux s'informer», réplique l'évêque. «Binding est mort en 1920 et n'a pas connu Hitler. Quant à Hoche, il était antinazi et sa femme était juive. Pour ces deux penseurs, les personnes âgées étaient un poids inutile pour la société. Leur raisonnement était antérieur au nazisme, mais certains de leurs arguments ont été instrumentalisés par les nazis au profit de leur funeste doctrine...» www.lalibre.be  20050128

Quality of Life- Bruxelles – Janvier 2005

 

 

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