Belgique : euthanasie et carême : Commentaire du Message de Carême de Jean-Paul II

Publié le par brochier

Ce 27 janvier 2005, Mgr Léonard a pris part à la présentation du nouveau Message de Carême de Jean-Paul II, qui concerne essentiellement les plus âgés de notre société. L'évêque de Namur a commenté le document pour l'agence Zenit.

 

 « Ce qui typique dans ce Message, c'est qu'il attire l'attention sur la condition des personnes âgées », a expliqué Mgr André-Mutien Léonard, à l'agence romaine Zenit, après avoir présenté à la presse, à titre d'expert sur les questions d'euthanasie, le Message de Carême du Pape (Voir document CathoBel daté du 27/01/2005).

 

« Dans les pays d'Occident dont la démographie est généralement catastrophique et qui vont connaître un vieillissement très marqué de la population, cette question va revêtir une actualité marquante. Il est important d'en signaler quelques balises », poursuit l'évêque de Namur, ajoutant que « ce Message a une autre caractéristique bouleversante, c'est qu'il est écrit par un Pape qui est lui-même une personne âgée, profondément marquée par la souffrance et la maladie ».

 

 

Malade parmi les malades

 

« Quand donc Jean-Paul II rappelle qu'on ne peut jamais dire d'une personne affaiblie par la maladie ou par l'âge qu'elle est inutile et ne représente plus qu'un poids social, sa parole s'incarne dans le témoignage qu'il rend à la face du monde. Son récent pèlerinage à Lourdes a été, de ce point de vue, d'une éloquence exceptionnelle. Malade parmi les malades, aux limites de ses forces, il a témoigné au nom de toutes les personnes humaines usées par l'âge ou la maladie qu'elles ont toujours une place de choix dans la société. Le témoignage rendu par la faiblesse du Pape est peut-être le plus fort de tout son pontificat. Paul disait déjà: "La puissance de Dieu donne toute sa mesure dans la faiblesse" (2 Co 12, 9) », explique Mgr Léonard.

 

Pour l'évêque de Namur ce message s'adresse implicitement aux décideurs politiques et aux responsables de la santé publique, « les mettant en garde contre les tentations qui suggéreraient que la vie humaine vieillissante, handicapée ou finissante ne mérite plus vraiment tout le respect dû à une personne humaine ». Mais « Jean-Paul II s'adresse à chacun de nous pour que, là où nous sommes, et d'abord dans le cercle familial, nous témoignions respect et estime à l'égard des personnes âgées », précise-t-il.

 

« Sans attendre d'être nous-mêmes âgés ou malades (mais peut-être le sommes-nous déjà !), prenons-en de la graine. Penser à sa vieillesse et à la fin de sa vie sur terre n'est pas une pensée morbide ou lugubre. Au contraire, cela projette une vive lumière sur notre existence présente et nous amène à mieux valoriser chaque instant de notre vie présente. De ce point de vue aussi le Message de Jean-Paul II est stimulant », commente encore l'Evêque belge.

 

La destruction des vies qui ne valent pas d'être vécues

 

S'agissant du rapport entre le 60ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz et la publication du message, Mgr Léonard ne pense pas que cette concomitance ait été voulue. « Et il serait mal venu de l'exploiter en assimilant l'une à l'autre des problématiques qui sont très différentes, même si elles ont en commun la question cruciale du respect absolu de la personne humaine innocente »

 

« Il reste cependant historiquement vrai que le national-socialisme a récupéré à son profit des thèses comme celles de Binding et Hoche qui, en 1922 et sans aucune accointance avec l'antisémitisme de Hitler, légitimaient juridiquement et médicalement "la destruction des vies qui ne valent pas d'être vécues". Celui qui ouvre la porte à l'euthanasie devrait savoir à quels démons il risque d'offrir un jour accès » ajoute-t-il.  www.cathobel.be 20050127

Quality of Life- Bruxelles – Janvier 2005

 

 

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