Mère porteuse : le danger d’une nouvelle aliénation.

Publié le par brochier

 « Nous connaissons bien les formes d’aliénation qui viennent du passé ou d’une tradition réactualisée, comme le port obligatoire du voile pour les femmes. Nous sommes moins attentifs aux formes nouvelles, surtout lorsqu’elles s’avancent sous le masque de la modernité technique comme c’est le cas du recours aux «mères porteuses», qui constitue une instrumentalisation moderne du corps féminin.

 

Comme tout fait humain, la maternité a une histoire : tant qu’elle a été forcée, commandée du dehors, d’une façon ou d’une autre, la maternité a fait du corps féminin un corps aliéné ou instrumentalisé. Au moment où, dans notre société, le droit, la contraception et l’avortement redonnent aux femmes la maîtrise de leur fécondité et de leur corps, il serait injuste d’instaurer une forme inédite de dépossession commerciale du corps féminin, sous prétexte qu’elle serait utile à d’autres, notamment à d’autres femmes. (…) Il est facile de voir que la «gestation pour autrui» constitue un mélange de ces deux modèles aliénants : la prostitution sexuelle et l’instrumentalisation de la maternité, et qu’elle instaurerait, si elle était légalisée, une prostitution maternelle. Or si l’instrumentalisation du corps est si aliénante, c’est que la gestation n’est pas une activité extérieure à la femme. C’est l’ensemble de son existence – de son corps et de son esprit – qu’une femme libre engage dans une grossesse assumée. Porter un enfant entraîne toutes sortes de métamorphoses intérieures et de transformations hormonales qui modifient la manière d’être et la sensibilité. » 7 mars 2005 (Le Figaro –

 

Avis de l’Alliance des Droits de laVie: Même si nous ne partageons pas la reprise par Sylviane Agacinski du mythe de l’avortement libérateur de la femme, son argumentation contre les mères porteuse est remarquable. Elle s’inscrit dans la logique de celle de son mari, Lionel Jospin, contre le mariage homosexuel au printemps 2004 (on peut imaginer que la sociologue a solidement participé à cette tribune «historique»). Le fait qu’elle «monte au créneau» sur ce nouveau sujet tend à montrer, comme le dénote l’évolution de la presse, de certains responsables politiques et de la justice, que l’interdiction des mères porteuses en France est de plus en plus fragilisée. ADV

 

Belgique ? NDLR : une proposition de loi est à l’étude en Belgique pour autoriser dans certaines conditions le recours à une mère porteuse.

Quality of Life- Bruxelles – Mars 2005

 

 

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