UK : majorité des britanniques favorable à la réduction du délai légal d’avortement

Publié le par brochier

« L'avortement s'est invité dans la campagne électorale britannique contre la volonté du Premier ministre Tony Blair, le chef de l'opposition Michael Howard et les principales autorités religieuses souhaitant une révision de la loi autorisant les avortements jusqu'à vingt quatre semaines de grossesse. Le chef de l'Eglise anglicane, Rowan Williams, a ajouté sa voix ce week-end au choeur des partisans d'une révision de la loi de 1967, au nom des progrès scientifiques faits depuis pour mieux connaître le fœtus et sauver les prématurés. "Que ce soit les éléments concernant la sensibilité du fœtus aux stimuli extérieurs, y compris la souffrance, la nature de la conscience foetale ou la possibilité de sauver" les bébés nés prématurément, la tendance est à reconnaître "des droits au fœtus", a écrit Rowan Williams dans le Sunday Times. "Il y a dans ce pays, y compris chez les jeunes, une lame de fond de dégoût" à l'égard de l'avortement, a affirmé le guide spirituel des 70 millions d'Anglicans dans le monde, estimant "impossible de considérer l'avortement comme autre chose que l'interruption d'une vie humaine".

 

En Grande-Bretagne, l'avortement est légal jusqu'à vingt quatre semaines de grossesse, alors que les progrès de la médecine permettent aujourd'hui de sauver des bébés nés au même stade de gestation.

 

Une majorité de Britanniques (59%) est en faveur d'une réduction de ce délai, contre 24% qui ne veulent pas le changer, selon un sondage publié dimanche. Le débat avait été amorcé l'an dernier en Grande-Bretagne avec la publication d'images in utero montrant un fœtus de 12 semaines s'étirant et donnant des coups de pied, d'autres fœtus âgés de 14 à 15 semaines, suçant leur pouce et bâillant, ou ouvrant les yeux à 18 semaines. Lord Steele, promoteur de la loi de 1967, avait alors lui-même demandé que soit réduit le délai légal pour avorter. 181.600 interruptions de grossesse (IVG) ont eu lieu en 2003 en Angleterre et au Pays de Galles, en hausse de 3,2% sur un an. 23.133 avortements, soit 13% du total, ont eu lieu après 12 semaines de grossesse. En outre, 7.994 IVG ont eu lieu en Ecosse. Le débat a pris une nouvelle ampleur la semaine dernière lorsque le chef des Conservateurs, Michael Howard, s'est dit, dans un entretien au magazine féminin Cosmopolitan, prêt à voter pour une réduction à 20 semaines du délai légal. Interrogé lui aussi par "Cosmo", Tony Blair s'est en revanche prononcé pour le statu quo. Le chef des Catholiques d'Angleterre, le cardinal Cormac Murphy O'Connor, a saisi la balle au bond, approuvant la position de Michael Howard, alors que son Eglise est généralement perçue comme plutôt favorable au Labour. Le cardinal a suggéré à ses fidèles de prendre en compte, entre autres, l'opinion des candidats sur "le droit à la vie", lorsqu'il mettront leur bulletin dans l'urne, lors des élections législatives attendues le 5 mai. Le débat alimente de nombreux articles et éditoriaux dans la presse depuis une semaine. Le grand rabbin de Grande-Bretagne, Jonathan Sachs, a estimé que l'avortement est souvent utilisé "comme une simple commodité". Toute société civilisée devrait être "sérieusement alarmée" par le nombre d'avortements, a renchéri Iqbal Sacranie, le secrétaire général du Conseil des musulmans de Grande-Bretagne. Derrière ce débat, se profile la perspective de voir les sujets "moraux" faire irruption dans la vie politique, comme aux Etats-Unis. Tony Blair a souhaité que l'avortement ne soit pas un enjeu de la campagne électorale. "L'avortement est un enjeu légitime de l'élection" car la loi est faite au parlement, argumentait au contraire lundi le Daily Telegraph (conservateur). » 21 mars 2005 (AFP- Catherine FAY de LESTRAC)

 

 

Avis de l’Alliance pour les Droits de la Vie: On constate ici que, comme aux Etats-Unis avec le scandale de l’avortement tardif par « naissance partielle », c’est par les développements les plus outranciers de l’avortement que l’on peut commencer à obtenir la remise en cause de leur légalité et entamer ainsi, progressivement, la reconquête d’un droit à la vie. Cela ne signifie pas qu’il soit légitime de cautionner un quelconque droit à l’avortement ; mais l’exemple anglais nous inciterait par exemple à axer nos arguments actuels sur l’avortement à domicile instauré (en France) fin 2004 et dont plus de la moitié des femmes considèrent «qu’il va dans le mauvais sens car il risque de banaliser le recours à l’IVG » Sondage BVA –Alliance pour les Droits de la Vie janvier 2005. A ce propos, rappelons que l’article 73 de l’Evangile de la Vie encourage les parlementaires dont la position contraire à l’avortement est connue de tous à proposer et voter les dispositions restreignant l’avortement légal.

Quality of Life- Bruxelles – Mars 2005

 

 

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