Italie le ministre de la santé veut rendre l'avortement plus difficile
Le ministre italien de la Santé veut permettre aux militants "pro-vie" de participer aux consultations préalables à l'avortement, rendant ainsi plus difficile la démarche des femmes désireuses d'interrompre une grossesse.
Le ministre Francesco Storace, membre du parti de droite Alliance Nationale (AN) participant à la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi, a convoqué pour lundi une "réunion technique" sur "l'application intégrale de la loi 194" qui autorise l'avortement depuis 1978.
"La loi doit être appliquée intégralement, à commencer par les disposition sur la prévention qui soulignent le droit à avorter, mais aussi à ne pas avorter", a-t-il martelé à différentes reprises depuis une semaine.
Il a souhaité une "présence culturelle pluraliste" aux consultations pré-IVG, en citant "par exemple le mouvement pour la vie", une association anti-avortement dont l'activité a été saluée mercredi dernier par le pape Benoît XVI.
L'initiative du ministre de la santé, applaudie par l'Eglise catholique italienne, a provoquée une levée de bouclier de l'opposition de centre-gauche. Le vice-premier ministre Francesco Fini (lui aussi AN) a précisé qu'il n'était pas question de revenir sur la légalisation de l'avortement.
Fancesco Storace, dont l'hostilité à l'avortement est connue, tente par ailleurs d'empêcher l'introduction de la pilule abortive RU-486 en Italie.
Autorisée depuis des années dans de nombreux pays européens, la RU-486 reste interdite dans la Péninsule et n'a été autorisée qu'à titre "expérimental" cet automne dans un hôpital de Turin (Piémont, nord).
Le 21 septembre, le ministère de la Santé avait ordonné la suspension de l'expérimentation, mais le comité d'éthique de la région Piémont avait donné son feu vert à sa reprise le 4 octobre.
Depuis, plusieurs régions ont décidé elles aussi d'expérimenter la pilule abortive dans leurs hôpitaux, ce qui a conduit le ministre de la Santé à dénoncer "une compétition" pour être "à l'avant-garde de la négation des valeurs". Source : AFP 20051121
Quality of Life - Bruxelles – Décembre 2005