Belgique : 3,2%de cas où la mort a été administrée sans la demande expresse du patient.
C’est ce que révèle l’Etude du End-of-life care research Group de la VUB
Un prix pour l'étude de la fin de vie
« Il y a cinq ans, beaucoup nous regardaient comme un groupe en marge. Aujourd'hui, après de nombreuses publications de nos résultats dans des revues médicales de haut niveau, le fait de recevoir un prix prestigieux de la Fondation Roi Baudouin vient souligner la qualité de notre travail », explique le professeur Luc Deliens, président du End-of-life care research group de la VUB. Ce groupe, spécialisé depuis 7 ans dans la recherche sur les situations de fin de vie, reçoit aujourd'hui le prix De Beys des mains de la princesse Astrid.
« Ce n'est pas une revanche, mais une reconnaissance supplémentaire d'un travail particulièrement difficile, souligne le professeur, qui a étudié la manière dont s'est déroulée la fin de vie de milliers de patients sur base d'un échantillonnage des certificats de décès. Protégés par la confidentialité, les médecins ont largement répondu (52%).
Révélant pour la première fois la réalité de la fin de vie : 1,1% d'euthanasie (produits létaux à la demande du patient), 0,1% d'aide au suicide, mais surtout 3,2 %de cas où la mort a été administrée sans la demande expresse du patient. Le nombre important de cas où des anti-douleurs avaient été administrés jusqu'à des doses capables d'abréger la vie (18,4 %) et ceux où un traitement a été arrêté (16,4 %) laissait entendre, en comparaison avec les Pays-Bas, qu'en Belgique la question de la fin de vie était beaucoup moins discutée avec les patients, que la décision était prise sans le consulter.
« Nous avons levé un tabou. Les médecins nous détaillaient des actes à l'époque frappés par la loi », explique le P, Deliens. Cette étude, qui a mis en évidence les décisions concernant les nourrissons, est unique en Belgique. On ne se rend pas compte qu'en vingt ans l'évolution médicale a multiplié les cas où la vie du patient peut être maintenue, en soins intensifs, en gériatrie, en néonatalogie. Le réflexe naturel est de faire survivre. Mais la réflexion de savoir pour quelle qualité de vie doit venir ensuite.
Pour la première fois, l'étude de l'équipe du P, Deliens met en évidence que 40%des décès ont fait l'objet d'une décision de fin de vie. « La médecine actuelle nous donne aussi le temps de réfléchir, le temps d'associer le patient ou les parents d'un nouveau-né a la décision. Alors que, par le passé, nos limites aboutissaient à une mort naturelle. » Depuis cette première étude, la loi dépénalisant partiellement, l'euthanasie a été votée. L'équipe réalisera en 2006 une nouvelle enquête qui permettra d'évaluer l'effet de la loi sur la société. « Depuis la loi, j'ai l'impression qu'une porte s'est ouverte sur cette question délicate. » Le Soir – 20051201
Quality of Life - Bruxelles – Décembre 2005