Belgique : Etats Généraux de la Famille : intoxication gouvernementale ?

Publié le par brochier

Isabelle Simonis,(célibataire,cohabitant avec compagnon et ses deux enfants), Secrétaire d’Etat aux Familles organise les Etats Généraux de la Famille. Ils se tiendront au printemps. Pour ce faire, elle a formé des groupes de travail qui travaillent sur la manière d’aider les familles. Mais qu’entend-ton par « Famille » ? Interview sur le site d’Isabelle Simonis :

«  Que signifie pour vous le mot « famille » ?

 

Isabelle Simonis: Pour moi, ce mot recouvre beaucoup de situations différentes, sûrement pas un modèle unique ou figé. Le point commun, c’est la volonté de former une famille, qui anime un noyau de personnes partageant des liens affectifs et qui vivent ensemble sous un même toit. Ces liens peuvent aussi être biologiques, mais ce n’est pas nécessaire ! La famille traditionnelle n’est plus la règle… Le modèle « papa-maman-enfants » n’est plus le seul. Les gens se marient plus tard, habitent ensemble sans enfant, ont des enfants en dehors du mariage, ont des enfants d’un mariage précédent et habitent avec un nouveau partenaire, qui a aussi parfois ses propres enfants. Il y aussi des pères et des mères célibataires, des femmes qui vivent avec des femmes et des hommes qui vivent avec des hommes, et qui ont aussi le désir d’avoir des enfants.

Est-ce un bien ou un mal ?

 

Isabelle Simonis : Ni l’un, ni l’autre ! La famille nucléaire, dans sa version des années 50-60 (père pourvoyeur de ressources et mère au foyer s’occupant des enfants) n’aura été le modèle dominant que durant une génération. D’autres modèles ont prévalu avant et d’autres verront le jour après. L’observation des autres sociétés nous démontre l’intarissable imagination humaine pour structurer cette cellule de base que nous continuons d’appeler « famille ». De plus, les ethnologues nous l’assurent : toutes les formules que nous pensons innovatrices aujourd’hui sont possibles socialement et ont été expérimentées dans des sociétés particulières. Il n’y a donc pas de modèle universel unique. Ni recette miracle, ni modèle sacré. Il n’y a que des situations mouvantes et évolutives. A nous de nous y adapter !

L’Etat a-t-il suivi cette évolution ?

 

Isabelle Simonis : La législation actuelle n’a pas toujours suivi l’évolution sociale des familles. Les réglementations se basent encore sur un modèle de famille traditionnel. Aujourd’hui, les gens veulent que leur famille soit reconnue et que leurs nouveaux liens familiaux soient légalisés. Les homosexuels souhaitent que leur partenaire puisse hériter. Les beaux-parents veulent une reconnaissance juridique des liens avec leurs beaux-enfants.

Beaucoup de repères traditionnels sont battus en brèche de nos jours. La famille risque-t-elle à son tour de disparaître ?

 

Isabelle Simonis : Pas du tout ! Alors qu’elle fut qualifiée dans les années septante de lieu d’oppression et de contraintes, la famille revisitée est aujourd’hui grandement plébiscitée. En ces temps d’incertitudes, la famille, sous toutes ses formes, continue d’être invoquée comme une valeur refuge. Seuls ceux qui ont sacralisé un modèle unique et figé de la famille peuvent donc évoquer sa disparition. En la réinventant sans cesse, les femmes et les hommes continuent de placer la famille au centre de leur vie, de la construction de leur personnalité, de leur bonheur. Les familles, et non plus la famille, restent un maillon essentiel de nos sociétés.

Est-ce le rôle de l’Etat de s’occuper de ces nouvelles familles ?

 

Isabelle Simonis : L’Etat doit évidemment tenir compte des évolutions sociologiques et des changements de mentalité de la société. Les interventions sociales, les structures collectives, les services publics, la fiscalité, les règles juridiques, la responsabilité parentale, la filiation, le droit social, l’organisation du travail… tous ces éléments doivent être adaptés et revus. C’est ce que je suis occupée à faire, en concertation avec les acteurs de la politique familiale : politiques, associations, universitaires, administrations…. Les Etats Généraux des Familles, qui se termineront au printemps prochain, doivent contribuer à la mise en œuvre de politiques coordonnées qui prennent en compte la dimension familiale dans tous ses aspects, et qui permettent un développement harmonieux de tous les individus au sein de leur sphère familiale, qu’elle qu’en soit la composition. »  http://www.lesfamilles.be/jsp/fr/index.jsp

Qui est Isabelle SIMONIS ?

 

Secrétaire d’Etat aux Familles et aux Personnes Handicapées

(Voir site personnel)

 

 « Il ne suffit pas de critiquer son temps, il faut aussi lui donner une forme et un avenir » - Albert Camus

Mes priorités politiques :

Les Familles, et d’abord les Etats Généraux de la Famille. Véritable projet de gouvernement porté par la déclaration gouvernementale, les Etats Généraux de la famille seront l’occasion d’une réflexion globale sur l’adaptation des règles sociales, juridiques et fiscales à la réalité sociale des familles d’aujourd’hui.

Les Personnes Handicapées, qui ne devraient plus aujourd’hui rencontrer d’obstacles à leur intégration harmonieuse dans la société. Cela implique autant un travail de simplification des aides (allocations) qui doit être poursuivi, qu’une volonté collective d’inclusion et de non discrimination.

Date de naissance :4 mars 1967 (célibataire, cohabitant avec compagnon et ses 2 enfants)

Lieu de résidence :Flémalle (province de Liège)

Formation : Graduée en Communication

Fonctions précédentes : Conseillère en communication, Animatrice en éducation permanente, Secrétaire générale adjointe des Femmes Prévoyantes Socialistes, puis Secrétaire générale des Femmes Prévoyantes Socialistes

Autres fonctions :Présidente de la Commission Femmes de la Fédération PS de Liège  Membre du Comité de Gestion de l’ONAFTS, Membre du Conseil de l’Education Permanente, Vice-présidente de l’Union Francophone des Entreprises Non-Marchandes. isabelle.simonis@minsoc.fed.be  Tél.02/220.20.61

Quality of Life -  Bruxelles – Février 2004

 

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