Belgique : famille : on ‘delete’ !

Publié le par brochier

« Un ministre dont je cerne mal les compétences, une socialiste du nom de Simonis,  36 ans, graduée en communication sociale, a lancé  « les états-généraux des familles » pour lesquelles elle se dit prête à la plus large des consultations. Elle a donc ouvert sur internet un site fait exprès pour permettre à tous et à chacun de donner son avis : www.lesfamilles.be

Bravo, pensez-vous comme moi, enfin un ministre qui a compris l’importance du phénomène de désagrégation de la famille et qui s’en inquiète au point d’en faire sa priorité. Alléluia ! C’est que vous êtes aussi naïf que moi et que vous ignorez comme moi que vous êtes totalement déconnectés de la réalité de la société d’aujourd’hui. Vous n’avez sans doute pas noté qu’on ne vous parle pas ici de La Famille, mais bien des familles et que ce pluriel est essentiel.

Dans son introduction Madame le Ministre le dit explicitement : le modèle traditionnel de la famille nucléaire a été celui d’une seule génération (celle des années 50/70) mais aujourd’hui tout a évolué. «Les interventions sociales, les structures collectives, les services publics, la fiscalité, les règles juridiques, la responsabilité parentale, la filiation, le droit social, l’organisation du travail… tous ces éléments doivent être adaptés et revus »… «C’est ce que je suis occupée à faire»… «Les Etats Généraux des Familles doivent… permettre un développement harmonieux de tous les individus au sein de leur sphère familiale, qu’elle qu’en soit la composition.»

 

Le développement de l’individu quelle que soit la forme de sa sphère familiale : on peut difficilement être plus explicite. Le but de notre gouvernement actuel est bien de s’occuper des individus pris isolément, par dessus toute structure sociale, à commencer par la famille.

Vous avez compris, comme moi, qu’avec des a priori de cet acabit, avec une pensée dominée par de telles énormités (la famille traditionnelle n’a existé que pendant une génération !?) la consultation ouverte aux avis du peuple souverain, va se résumer une fois de plus à une conversation à sens unique. Vous pouvez faire toutes les propositions que vous voulez, émettre toutes les idées mêmes les plus irréalisables, vous serez entendus, à une condition : vous ne remettez pas la prémisse en cause, celle qui veut qu’on ne parle plus de la famille ‘normale’, cette institution par trop ringarde qui se contentait d’un papa, d’une maman, de leurs enfants et du lien biologique qui les soudent.

Vous êtes, par contre, invités gaillardement à faire preuve de modernité et à réinventer des familles de toutes sortes. Celles qui sont construites sur les différentes formes d’échec de l’amour et surtout de la fidélité. (De la quoi ?) Celles qui se construisent sur des déviances sexuelles qu’il n’est bien sûr plus permis de considérer comme malsaines ou tout simplement malheureuses. Celles qu’on appelle dans un contresens parfait : unions libres, alors qu’elles sont basées sur le refus réciproque de toute forme d’engagement, c’est-à-dire sur le refus de la liberté.

Bref, l’intention est claire, après avoir dépénalisé l’élimination physique des malades et des personnes âgées au même titre que celle des bébés à naître, après avoir permis les recherches sur des embryons humains, après avoir instauré la comédie du mariage homosexuel, notre gouvernement, décidément progressiste, va signer très démocratiquement l’arrêt de mort de la cellule familiale.

L’intention idéologique est aveuglante, il faut organiser un show à coloration plus que démocratique, consensuelle, en utilisant largement les communications modernes et l’internet, pour faire comprendre aux Belges que la famille qu’ils ont connue est une structure obsolète à laquelle ne s’attachent plus que quelques conservateurs nostalgiques, voir dangereusement réactionnaires, d’ailleurs soutenus par l’extrême droite.

La famille, qui est trop clairement le creuset de l’autonomie de la personne, est une réalité insupportable aux dirigistes qui n’acceptent aucune entrave à l’action du pouvoir sur les individus consommateurs. Il est indispensable d’isoler l’individu pour en faire un parfait ‘assujetti’ et ceci dès le berceau. Dans leur esprit la famille normale n’est qu’un dangereux virus : poussez sur ‘delete’. »  Pascal de Roubaix.(1) Le 16 février 2004  (1)Pascal de Roubaix est Vice-Président de l’Institut Thomas More.pascal.de.roubaix@institut-thomas-more.org

Quality of Life -  Bruxelles – Février 2004

 

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