Belgique : va-t-on réouvrir le dossier « Euthanasie » ?
Mini-révolution à la Chambre des représentants. Madame Avontroodt, député VLD, a proposé de ré-ouvrir le dossier de l’euthanasie. Selon elle, la loi actuelle est tout à fait inadaptée et n’a en rien modifié la pratique médicale : le nombre de cas d’euthanasies enregistrés depuis un an (203) est, semble-t-il, largement en dessous de la réalité. Cela voudrait donc dire que, même malgré la dépénalisation de l’euthanasie, de nombreux cas d’euthanasies clandestines le restent. Les médecins qui la pratiquaient dans la clandestinité, continuent à le faire et ne remplissent pas les exigences de la loi. Or, l’un des objectifs premiers des mouvements pro-euthanasie en Belgique, n’était-il pas de sortir de la clandestinité la pratique de la mort sur demande ?
La Député Avontroodt, faisait de plus état de nombreux cas d’euthanasies INVOLONTAIRES, c’est à-dire, où le patient aurait été euthanasié alors qu’il n’enavait pas fait la demande, et même où la famille n’avait pas été consultée.
De plus, certains cas où, par manque de soins élémentaires (alimentation et hydratation)la mort s’en est suivie, ont été rapportés.
C’est pour ces raisons que madame Avontroodt a déposé le 30 octobre 2003, une proposition de résolution relative à l’organisation d’une étude scientifique prospective concernant la prise de décision et les actes médicaux en fin de vie. Afin de montrer le bien-fondé de sa demande, la Député VLD a demandé à ce que l’on procède à des auditions. Seule lui a été accordée celle du Président de la Commission d’évaluation de la loi dépénalisant l’euthanasie, le Dr Distelmans. Celui-ci a témoigné de ces faits et n’a pu que confirmer que pour 40% des actes médicaux en fin de vie résidait une zone d’ombre. La loi étant dès lors inadéquate. Cette situation a provoqué une colère non-dissimulée du sénateur Monsieur Monfils, qui a refusé catégoriquement que soit réexaminée la loi sur l’euthanasie. Il semblerait même que Monsieur Monfils n’ait pu retenir certaines insultes à l’égard du Dr Distelmans. Madame Avontroodt persévèrera-t-elle pour que ce dossier soit à nouveau ouvert ? C’est une affaire à suivre…
Quality of Life - Bruxelles – Février 2004