France : soins palliatifs : la valeur des soins et non pas leurs coûts

Publié le par brochier

Changer les mentalités.

 

(…) Les experts ont beaucoup insisté sur la notion de confiance « qui se perd » à l'égard des professionnels de santé. De nombreuses recommandations sont destinées à combler le fossé qui sépare la société civile du monde des professionnels ou des associatifs. Tout en rappelant la nécessité de « préserver l'intimité de la personne », le jury demande que l'on intègre la famille et les proches qui le souhaitent à la démarche de soins « en concertation avec la personne malade » et que l'on propose éventuellement « une formation aux soins de nursing et aux symptômes de l'agonie ». De même, il est demandé de favoriser « les capacités d'intervention du secteur social », tandis que les établissements de soins sont invités à être plus... « hospitaliers » avec les familles et les proches (salles ou chambres d'accueil, etc.). Philippe Colombat a rappelé à ce titre que le travail relationnel n'était pas valorisé dans les soins, contrairement aux actes techniques, par exemple.L'accent a été mis sur la nécessité de la formation, mais les experts ont précisé qu'il s'agissait avant tout de faire évoluer les mentalités : « Il est quand même surprenant, s'est étonné Emmanuel Hirsch, que, en 2004, on confie à des professionnels de santé des responsabilités qui relèvent du domaine de la cité. » Selon lui, il s'agit d'une réflexion d'ordre politique « qui ne se résoudra pas de manière législative ». Les experts ont constaté que certains services, sans moyens particuliers, prennent plus de temps que d'autres (pour faire une annonce, par exemple). Emmanuel Hirsch a également appelé les soignants à méditer sur la limite du soin, et les politiques, selon lui « les plus irresponsables », à réfléchir à la valeur du soin plutôt qu'à son coût. « Les gens ne sont plus aujourd'hui dans l'obstination thérapeutique, et même quelquefois refusent d'être traités dès le début de la maladie », a-t-il ajouté pour illustrer l'évolution des mentalités.En clair, les experts ont voulu rendre à la société ce qui lui appartient, et aux soignants, ce qui relève de leurs compétences, en concluant : « Mourir accompagné, c'est mourir en société. » FLAVIE BAUDRIER

 

* Conférence de consensus : « L'accompagnement des personnes en fin de vie et de leurs proches  », organisée par la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) avec la participation de l'Anaes (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé).Le Quotidien du Médecin du : 05/02/2004

Quality of Life -  Bruxelles – Février 2004

 

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