USA : naissance de 5 bébés-médicaments et sacrifice de 194 autres
« Cinq bébés sont nés après que chaque embryon eut été sélectionné pour sa compatibilité génétique avec un aîné atteint d'une maladie grave, dans l'espoir de produire des cellules souches permettant de le soigner, ont révélé des chercheurs américains. Tout en assurant que les parents désiraient avoir un autre enfant, les médecins ont expliqué que les nouveau-nés avaient tous été sélectionnés au stade de l'embryon par un test génétique établissant la compatibilité parfaite avec l'enfant à soigner, avant d'être implanté dans la mère. Neuf couples ont pris part à l'expérience réalisée en 2002 et 2003. 199 embryons ont été testés, 45 ont été sélectionnés comme compatibles avec des aînés malades, 28 ont été implantés, se traduisant par la naissance de cinq bébés dont le profil génétique est compatible avec l'enfant à soigner, atteint d'une leucémie ou d'une anémie rare appelée Diamond-Blackfan. "L'un des enfants atteint d'anémie a reçu une transplantation" de cellules souches provenant de son cadet "et il n'est plus dépendant de transfusion de globules rouges, tandis que les autres (malades) sont dans l'attente de transplantation ou sont en rémission" (…) Ce diagnostic pré-implantatoire (DPI) par lequel on prélève une cellule du zygote peu après la fusion de l'ovule et du spermatozoïde, afin d'en établir le profil génétique, est utilisé depuis une quinzaine d'années pour détecter les maladies génétiques mais son utilisation pour sélectionner un embryon qui fournira une source de cellules souches cibles est peu courante. Une telle sélection génétique a été interdite en Grande-Bretagne en 2002 car elle n'est pas faite au profit de l'enfant à naître. (…) Pour le Dr Norman Fost, de la faculté de médecine de l'Université du Wisconsin, qui n'a pas participé aux travaux, "cela offre la possibilité de sauver la vie d'un enfant affecté d'une maladie qui sinon serait incurable". Néanmoins, "il peut y avoir des risques psychologiques pour ces enfants", qui pourraient un jour se demander s'ils ont été désirés, a souligné le Dr Fost. Le médecin a aussi insisté sur la nécessité de garantir la sécurité d'une telle procédure: "Pour l'instant, aucun risque médical pour le nouveau-né n'a été rapporté, mais le nombre d'enfants conçus dans ce but est limité". Les cellules souches utilisées pour traiter les malades peuvent être issues de l'embryon, du fœtus (cordon ombilical dans ce cas) ou de tissus adultes. Il s'agit de cellules non différenciées qui peuvent se multiplier et produire des lignées de tissus cellulaires différenciés, composant l'organisme. » 20040505 (AFP)