Belgique : des «bébés-médicaments» en vue
« Des chercheurs de la VUB ont développé un test permettant détecter rapidement sur embryon des protéines. Leurs travaux viennent d'être publiés. Explication.
Malgré les faibles moyens qui leur sont alloués, il n'est pas rare que les chercheurs belges... trouvent.
Alors qu'il y a peu, on annonçait une première mondiale due au service de gynécologie de l'UCL, auteur d'une greffe de tissu ovarien aboutissant à une grossesse chez une patiente ayant subi une chimio et une radiothérapie, cette fois, ce sont des chercheurs de la VUB qui se sont illustrés.
Sélection d'embryons
Leurs travaux, qui viennent d'être publiés dans «Human reproduction», consistent à avoir développé, à l'instar de quatre autres centres au monde, un test permettant de détecter plus rapidement certaines protéines (HLA) chez des embryons. L'intérêt de ce test se situe à deux niveaux: d'une part, d'un point de vue du diagnostic pré-implantatoire, déterminer si l'embryon est sain et non porteur de certaines maladies génétiques perturbant la formation des cellules du sang et/ou attaquant le système immunitaire; d'autre part, dans l'optique des «bébés-médicaments», savoir à un stade précoce si le sang du cordon ombilical pourra être ultérieurement utilisé pour traiter une de ces maladies chez un frère ou une soeur en attente d'une greffe de moelle. Ce qui permettrait en l'occurrence aux médecins de gagner un temps précieux lors de la transplantation de moelle osseuse chez les frères ou soeurs atteints de ces maladies héréditaires. Éviter le rejet Par ailleurs, le fait de posséder des protéines HLA identiques augmente les chances de succès du traitement, dans la mesure où cela permet d'éviter le phénomène de rejet. Détectées dans les embryons grâce à ce test, les protéines HLA jouent en effet un rôle essentiel pour le système immunitaire et lors du rejet des cellules et organes après une transplantation. «Le test consiste à prélever in vitro deux des huit cellules sur l'embryon au troisième jour, nous explique Hilde van de Velde, chercheur à la VUB, on vérifie alors, d'une part, la compatibilité et, d'autre part, si l'embryon est atteint ou non de la maladie, afin de sélectionner un embryon sain et de bonne qualité qui sera transplanté au cinquième jour. Après quoi, il reste à espérer que la grossesse soit menée à son terme...». Cinq centres au monde A ce jour, cinq centres dans le monde sont capables d'effectuer cette caractérisation des protéines HLA, dont deux aux Etats-Unis, les trois autres se trouvant en Italie, en Australie et en Belgique, et plus précisément à l'AZ-VUB qui, depuis 2000, a déjà reçu 41 demandes, l'hôpital universitaire ayant réalisé une caractérisation pour une douzaine de familles. » www.lalibre.be 20040512 Pour mémoire : malgré ce qui se fait à la VUB, il est bon de rappeler que la technique du diagnostic pré-implantatoire n’est pas encore autorisée en Belgique : les propositions de lois, incluant celle du « bébé médicament », sont à l’agenda de la commission d’étude au sénat. (NDLR QOL)