Belgique : Gays, une situation pas toujours rose
Le 17 mai sera dédié à la lutte contre l'homophobie. Pas de hausse des plaintes pour discriminations basées sur l'orientation sexuelle, mais pas de baisse non plus.
Les agressions verbales et physiques restent les cas les plus fréquents.
Le 17 mai 1990, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) rayait l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Depuis, la Belgique a officiellement érigé cette date en «Journée nationale de lutte contre l'homophobie». «Les préjugés ont la vie dure», estime-t-on au Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR). «Certes, sur le plan légal, la loi du 25 février 2003 permet de poursuivre les discriminations liées à l'orientation sexuelle, mais nous continuons toutefois à recevoir des plaintes pour des agressions - qu'elles soient verbales ou physiques - et des discriminations à caractère homophobe».
Toutefois, à en croire le prochain rapport d'activité du Centre - qui sera présenté à la fin de ce mois - les plaintes liées à l'orientation sexuelle resteraient stables, soit près de 74 par an. En 2004, le service «non-racial» du Centre a enregistré 374 plaintes; pour 2005, il observe une hausse de 25 pc de ces plaintes, tous motifs confondus (handicap, état de santé, âge, orientation sexuelle...). «Les dossiers liés spécifiquement à l'homophobie n'ont pas augmenté de manière significative, mais il faut rappeler que tous les faits ne sont pas enregistrés par le Centre», note Yves Dario, collaborateur au service discrimination non-raciale.
Milieu scolaire
Certaines plaintes relèvent de ce que d'aucuns perçoivent comme une insulte. Cela concerne surtout des prises de positions publiques comme, par exemple, celles du Vatican sur l'homosexualité. «Nous les recensons, mais il est évident que nous prenons aussi en compte la liberté d'expression s'il faut poursuivre de tels faits sur base de la loi anti-discrimination», précise Yves Dario.
Parmi les autres plaintes liées à l'orientation sexuelle, on recense des refus d'embauche, des motifs de licenciement, de mauvaises évaluations professionnelles, des refus de reconduire des contrats après les périodes d'essais ou encore des tergiversations de notaires d'acter des contrats de mariage de couples de même sexe. En matière de logement, le Centre a reçu un cas en 2005 de refus de location d'une villa à un couple homosexuel. Mais, la plupart des plaintes concernent surtout des agressions physiques ou verbales liées à l'orientation sexuelle. «Comme la question est encore tabou, c'est difficile d'avoir des points de comparaison avec d'autres actes de violence. Je sais que les ministres concernés planchent sur un projet permettant d'identifier le caractère homophobe d'un délit, cela devrait permettre d'avoir une photographie plus précise de la violence homophobe», dit-on au CECLR.
Le 17 mai prochain se concentrera toutefois sur la discrimination en milieu scolaire pour laquelle le Centre a enregistré 20 plaintes entre 2003 et 2005. «Cela va de l'«outing» des professeurs - l'annonce publique de leur homosexualité sans leur consentement - aux harcèlements et propos insultants dont font l'objet des professeurs mais aussi des élèves en raison de leur orientation sexuelle ou celle de leurs parents». www.lalibre.be 20060516
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