France : accusé d'avoir tenu des propos homophobes en décembre 2004.
Christian Vanneste, député UMP du Département du Nord, doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Lille. Il a été assigné en justice par trois associations militantes. Son "crime" ? Pour M. Vanneste, l'homosexualité constituerait une "menace pour la survie de l'Humanité".
Le contexte: Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2004, l'Assemblée nationale française a, à l'issue d'un débat houleux, adopté en seconde lecture, le projet de loi créant la Haute autorité contre les discriminations. Ce texte inclut un dispositif de lutte contre le sexisme et l'homophobie
Propos tenus à l'Assemblée nationale: Christian Vanneste, député UMP du Nord et professeur de philosophie a tenu les propos suivants (tels que reproduits sur le site de l'Assemblée).
"Ce qui est en jeu, c'est à la fois la liberté d'expression et le principe d'égalité, car l'inégalité que vous instaurez devant la loi conduit au communautarisme.
Vous mentionnez la lutte contre le sexisme et la lutte contre l'homophobie comme s'il s'agissait de choses comparables.
Tel n'est pas le cas !
Il est bien évident que les inégalités que nous devons combattre s'appliquent à des états subis, non à des comportements choisis. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste)
Un comportement choisi peut toujours être l'objet de critiques, et nous sommes plusieurs à penser que celui qui est en question n'est pas le plus utile à la société !
On peut certes penser qu'une protection momentanée doit être accordée à certaines personnes victimes de discriminations, dans une visée pédagogique et en attendant que le comportement global de la société se rectifie, mais cet argument n'est pas admissible pour les comportements choisis !
Ou alors, Georges Orwell aurait eu raison : dans notre société, certains seraient plus égaux que les autres !
En quoi un comportement qui peut être jugé critiquable serait-il privilégié par rapport à d'autres ?
Et celui que vous visez peut légitimement faire l'objet de critiques, non seulement au nom de l'intérêt social, mais aussi au nom de l'universalité ! (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste)
Un jugement de valeur est universel s'il est fondé sur l'impératif catégorique de Kant : agis toujours selon une maxime qui peut être érigée en principe universel. Manifestement, l'homosexualité ne le peut pas, à moins de vouloir le suicide de l'humanité ! (…)
C'est simplement logique ! Vous êtes en train, pour lutter contre la discrimination, de défendre une séparation entre les sexes ! C'est complètement absurde ! L'idée même d'homophobie tend à accréditer l'idée que le comportement homosexuel a la même valeur que d'autres comportements, alors qu'il est évidemment une menace pour la survie de l'humanité (Interruptions sur les bancs du groupe socialiste). Vous devriez écouter la vérité dans un silence respectueux...
Ce texte de loi est donc un contresens, illustré par le terme même d'homophobie : « détester le même ». Qu'est-ce que cela veut dire ? Voulez-vous créer un troisième genre, qui aurait une égalité d'existence et de droits avec les deux autres, qui contribuent eux à la perpétuité de l'humanité ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP)"
Interview par Philippe MATHON (news.tf1.fr)
tf1.fr : Vos propos sonnent comme une provocation…
Christian Vanneste : C'est le bon sens ! C'est ce que tout le monde pense mais, en raison du poids de deux mamouths aujourd'hui, le lobby homosexuel et le politiquement correct, personne n'ose le dire.
On n'arrête pas de mettre au même niveau le comportement homosexuel et hétérosexuel, comme si l'homosexualité était une sorte de troisième sexe. C'est à l'évidence faux : si on universalisait le comportement homosexuel, l'Humanité serait condamnée à mort.
tf1.fr : Votre réflexion ne tient-elle pas du Café du commerce ?
Christian Vanneste : Ce n'est pas une boutade, mais une vérité ! L'homosexualité ne peut être qu'un comportement toléré, marginal et qui ne peut en aucun cas être promu ou protégé au-delà de la protection normale auquel a droit tout citoyen.
L'homosexuel est quelqu'un qui se replie sur son sexe et refuse l'échange avec l'autre sexe. D'une certaine manière, il a une peur, voire une détestation, de l'autre. C'est un refus de l'altérité. Une sorte de racisme, en somme. Or, dans le projet de loi [créant la Haute autorité contre les discriminations, NDLR], au nom de l'anti-racisme, on protège une sorte de racisme, ça n'a aucun sens.
tf1.fr : Pour vous, les homos n'ont donc pas droit de cité ?
Christian Vanneste : Ecoutez, je suis philosophe de formation, c'est une question que je connais par cœur. L'homosexualité est un comportement culturel, acquis, de l'ordre du réflexe, sans doute acquis dans un âge précoce, mais comme tous les comportements réflexes plutôt négatifs, on peut parfaitement l'innhiber ou le rééduquer. Très rarement cela peut s'expliquer par la génétique ou la programmation naturelle. A partir de là, si on l'encourage, cela risque d'être très nocif pour la société.
Ce qui m'agace, c'est le militantisme. Si les homosexuels ont envie d'exister, qu'ils s'aident eux-mêmes. Les pouvoirs publics, l'argent public ou la loi n'ont rien à voir avec eux. C'est un comportement privé qui ne présente aucun intérêt pour la collectivité. Cela dit, bien évidemment, ils ont le droit à la même défense que n'importe quel autre citoyen.
tf1.fr : Par vos propos, n'êtes-vous pas justement en train de vous placer sous le coup du projet de loi discuté la nuit dernière ?
Christian Vanneste : Non… (Rires…). Heureusement, un député est encore libre de ses paroles. Et puis, mes propos sont tout ce qu'il y a de plus normaux. Je ne critique pas un groupe, une race, une religion, je critique un comportement. Un terrorisme politique et culturel est en train de s'installer insidieusement pour nous empêcher d'exprimer des opinions - qui sont en plus partagées par la majorité silencieuse. C'est choquant.
tf1.fr : Le groupe UMP était-il au courant des propos que vous avez tenus à l'Assemblée nationale ?
Christian Vanneste : Bien évidemment, le groupe était parfaitement au courant de mes positions là-dessus.
tf1.fr : De la tonalité de vos propos, également ?
Christian Vanneste : Peut-être pas, car c'était improvisé… (Rires).
tf1.fr : Des associations gays demandent à l'UMP de vous désavouer…
Christian Vanneste : C'est leur droit mais je n'ai pas grand chose à craindre. Ni du côté de mes collègues, qui me soutiennent très majoritairement, ni du côté de mes électeurs. L'intervention de ces associations montrent le rôle démesuré qu'elles pensent jouer dans cette société. Source Jurivie
Quality of Life - Bruxelles – Décembre 2005