UK : lanonymat du don de gamètes vs connaître ses parents biologiques ?
« Le gouvernement britannique a annoncé (…) un projet de loi selon lequel les donneurs de sperme, d’ovules et d’embryons dans le cadre des programmes de procréation médicalement assistée perdront leur droit à l’anonymat à compter de l’année prochaine. (…) Pour les partisans de la réforme, ces enfants ont le droit de se découvrir une lignée biologique, sans compter l’importance du patrimoine génétique dans les cas de maladies héréditaire. « C’est comme l’adoption : certaines personnes ont vraiment besoin de savoir qui sont leurs parents biologiques », estime Laura Spoelstra de la Fondation nationale pour le don de gamètes. (…) Suzi Leather, qui préside la HFEA (ndlr : Human Fertility and Embryology Authority) a en outre profité de l’exposition médiatique, hier, pour réclamer un assouplissement de la loi qui permettrait à davantage de femmes seules ou homosexuelles d’avoir recours à la fécondation in vitro en toute légalité. (…) » 23 janvier (La Croix)
Comparaisons européennes « Françoise Shenfield, (…) membre de l’autorité britannique, a fait récemment une étude comparative des différentes législations. « En Suède, depuis 1985, les donneurs sont tenus de se faire connaître si les parents de l’enfant né par assistance à la procréation le demandent. Mais dans les faits, la plupart des parents (85%) n’informent pas les enfants de la manière dont ils sont nés. Aux Pays-Bas, jusqu’à l’an dernier, les parents pouvaient choisir soit un donneur anonyme, soit un donneur acceptant de dévoiler son identité plus tard. L’an dernier, ils ont changé cette loi estimant que l’intérêt de l’enfant est de connaître ses origines. Enfin, en Autriche, où le droit connaître ses origines est un droit constitutionnel, il y a très peu d’insémination avec donneur. Partout ailleurs, en Europe, c’est l’anonymat qui prévaut. » 23 janvier (La Croix)
L’avis de l’Alliance des Droits de la Vie: A noter qu’au-delà du secret sur leur origine biologique, nombres d’anciens "bébés éprouvettes" méconnaissent même leur mode de conception (in vitro, avec donneur…). Ils sont victimes, à nos yeux, de lourds "secrets de famille" dont on sait qu’ils ne sont pas sans conséquences. En France, La Croix rappelle que la loi de 1994 érige l’anonymat en "grand principe" et que sa révision législative en cours maintient cette position. Le débat ouvert, dans le domaine de l’adoption, par la fronde de certains "nés sous X" contestant le secret de leurs origines pourrait progressivement inverser cette orientation.
Quality of Life - Bruxelles – Février 2004